Enquête & Travail

Cette chronique aurait pu aussi bien s’intituler « enquêter sur le travail ou dans le travail ? », tant les entrées et angles d’approche peuvent être nombreux …

On ne vous cachera pas qu’il est écrit sous la conjonction de deux réflexions à quelques jours d’intervalle : celle de notre Association, retravaillant ses priorités, thèmes, cibles et méthodes à l’occasion d’un désormais traditionnel « Séminaire de rentrée » et celle d’un enseignant-chercheur, Joris Thiévenaz, mis en lumière par INFFO-Formation du début septembre (1). On aurait pu y rajouter la relecture d’été d’au moins deux numéros spéciaux d’EDUCATION PERMANENTE sur « l’intervention en entreprise », de travaux de l’équipe d’ATEMIS (2) et de quelques sociologues précurseurs (3)

Nous travaillerons d’ailleurs à organiser une ou plusieurs de nos nouvelles « Conversations professionnelles » avec quelques-uns de ces contributeurs.

D’ici là, voici quelques-unes des réflexions que nous nous sommes faites :

  • Parler d’AFEST et en soutenir les pratiques et les acteurs, comme nous le faisons depuis le début, relève de ce même ensemble de postures à prendre et questions à résoudre ;
  • L’« entreprise apprenante », qui revient désormais sur le devant de la scène, et l’« entreprise délibérée » (4), qui émerge à juste titre depuis quelques temps, font partie elles aussi du panorama à dresser ;
  • La question, corrélative, des rôles et comportements managériaux n’y échappe pas ;
  • Enfin, c’est l’enjeu même du travail de notre Association que de s’interroger sur la façon d’être « présents à l’entreprise » (pour s’exprimer avec une touche de philosophie) ou tout simplement (et avec une pointe d’accent stéphanois recommandée) d’« aller y voir » !

C’est pour toutes ces raisons, distinctes mais souvent voisines et plutôt cumulatives, que les questions relatives aux modalités d’intervention en entreprises (et leurs différentes réponses) vont constituer un volet majeur de notre activité de cet automne 2020 à l’été 2021, et peut être au-delà.

Sans déflorer les travaux qui s’amorcent ni peser sur eux de façon « téléologique » (5), autant dire tout de suite les partis pris de notre démarche : nous voulons co-construire avec l’entreprise et donc, autant que faire se peut, ne pas nous exprimer « en surplomb » sur et/ou à propos du travail, mais bien dans le travail, son organisation et son management, avec celles et ceux concerné(e)s en premier lieu (à l’instar de ce à quoi nous appelait Pascal UGHETTO lors de notre première initiative publique de mai 2019).

Pour ce faire, nous souhaitons construire des partenariats « opérationnels » avec des associations, réseaux, clubs et groupements d’entreprises près à partager leurs problématiques.

Ce devrait être un travail intéressant « gagnant-gagnant » et « désintéressé » (au sens financier du terme) : notre éthique, le respect d’un certain nombre de normes professionnelles (6) et l’identité même de l’Association (7) nous amène à refuser de nous situer comme « un club de consultants parmi d’autres » et donc de « faire des affaires » dans ce cadre ; tout au plus notre action peut-elle s’avérer un « révélateur » de besoins, un « inducteur » de missions que l’entreprise optera ou non de confier à qui bon lui semble (y compris à l’interne), sous la forme et dans le cadre qui lui seraient propres…

C’est sous ces repères clairs que se situeront nos initiatives et notamment ces fameuses « learning expeditions » dont nous parlons depuis le début (en référence à la dynamique de démarche qualité, dans laquelle manageurs et intervenants vont « au travail », source d’expériences, d’accompagnement des compétences et de possibles reconnaissances (8).

(1) « Enquêter et apprendre au travail ». INFFO FORMATION n°993. 1-14 septembre 2020.
(2) Notamment de François HUBAULT, Sandro DE GASPARO, …
(3) Tels que Renaud SAINTSAULIEU ou Philippe BERNOUX et bien sûr Pascal UGHETTO
(4) « L’entreprise délibérée. Refonder le management par le dialogue », travaux coordonnés par Mathieu DETECHESSAHAR et préfacé par Yves CLOT (2019).
(5) Poser les conclusions et ne rechercher que ce qui va dans leur sens serait contraire à notre éthique comme à nos pratiques
(6) La Norme ISO 20700 sur les conflits d’intérêt, notamment !
(7) Cf. « Qui sommes-nous et que pouvons-nous faire ensemble ? » sur notre BLOG.
(8) La « reconnaissance sociale et professionnelle », sous ses différents aspects, sera l’un des autres grands thèmes de l’année pour l’Association.

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