Editorial

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire » (Henri BERGSON)

En ces jours où le cyclisme occupe à niveau les écrans et les pensées de certain(e)s de nos compatriotes, il y a une sorte d’ironie à parler ici de tournant (pour le contexte professionnel) et d’étape (pour la vie de l’Association) ; risquons néanmoins le propos !

UN TOURNANT …

Cette année 2021 constitue, à plus d’un égard, sinon une rupture du moins un tournant dans la façon de concevoir et développer l’activité des entreprises et de celles et ceux qui entendent les accompagner dans les transformations de leurs organisations, du management et des compétences des salariés.

Dès l’an dernier, nous étions attentifs à la vitesse et la profondeur des changements auxquels avait poussé la crise sanitaire (et soucieux de ne pas y voir une simple « parenthèse ») …
Nos contacts avec le monde de l’entreprise et des partenaires sociaux et les échanges menés avec eux (et quelques universitaires, sociologues et chercheurs) à l’occasion de plusieurs « Conversations professionnelles » nous ont convaincu que l’on ne reviendrait pas si facilement en arrière ; en tout cas dans toutes les entreprises et les branches qui se posent sérieusement deux questions clefs : ne pas se priver d’intégrer certaines « compétences invisibles » (personnes handicapées, seniors, jeunes talents) et penser l’avenir des compétences, des métiers et des emplois des actifs en place …

C’est pourquoi nous avons placé notre deuxième « Université (en l’occurrence de Printemps »), le 16 juin 2021, sous le double signe des RECONVERSION PROFESSIONNELLE et de la RECONNAISSANCE SOCIALE ET PROFESSIONNELLE1

En effet, les enjeux sociaux, économiques et (ceux, professionnels, des acteurs de l’accompagnement) sont maintenant clairement lisibles tant du fait du Plan de relance que des initiatives de plus en plus intéressantes d’entreprises, groupements d’entreprises, branches et secteurs confrontés à la nécessité de (re)penser l’avenir de leurs productions, de leurs organisations, de leurs performances et même de leur « raison d’être » respectives.

Ce que nous disent les faits et les contributions de plusieurs des intervenant(e)s que nous avons sollicité, c’est que si les reconversions professionnelles ne sont pas une nouveauté, le contexte en fait un sujet à la fois plus prégnant, plus complexe et moins tributaire de grands cadres réglementaires à-priori (aussi intéressants que puisse être le Plan de relance et l’investissement des OPCO dans la priorité Alternance, notamment).

Surtout, on est en train de sortir de plus en plus des illusions « adéquationnistes » ou d’un regard un peu « magique » sur la GPEC (devenant enfin, à juste titre, une « prospective » plutôt qu’une « prévision »).

L’apport des démarches permises par un Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) tourné désormais vers les actifs et la construction de parcours sécurisant l’emploi du salarié et le maintien du potentiel des entreprises devient évident ; et la revitalisation de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) (et l’ouverture à de nouveaux modes de reconnaissance, du badge numérique à CléA) redevient une nécessité, qui fait enfin écho au-delà des spécialistes et/ou des promoteurs historiques de ce cadre (créé il y a une vingtaine d’années maintenant, si souvent perverti et trop peu mobilisé ) …

Dans ce mouvement, certains leviers stratégiques, à portée de main, prennent sens : on peut repenser la mobilité professionnelle autrement que de métier à métier et au sein d’un même secteur, grâce au regain de mobilisation sur l’organisation du travail, au regard porté au niveau des activités (là où se forment les ressources-compétences) et à la reconnaissance des blocs de compétences … Le travail des acteurs des Plateformes de Transitions collectives comme celui de certains des Observatoires des métiers et des qualifications ouvrent ainsi de nouveaux champs de réflexion et surtout d’action pour se projeter enfin sur les organisations et les emplois de demain (et pas seulement du fait des transformations numériques ou écologiques).

Les enjeux sont là … et « business as usual » n’est pas de mise pour qui veut bien regarder la société et les entreprises dans leurs réalités, au sortir de cette année 2020 qui a profondément secoué les certitudes et les réponses toutes faites.

UNE ETAPE …

Pour notre Association pour l’accompagnement et le développement des compétences, créée en 2019, il s’agit bien aussi d’une étape importante dans sa construction et sa vie.

D’abord, parce que l’objectif de l’Association d’être utile plus encore aux entreprises et aux acteurs sociaux qu’aux seul(e)s « collègues » du champ de l’accompagnement commence à prendre forme : de la PME aux grands groupes, des entreprises ont entamé un dialogue avec nous, directement ou par l’intermédiaire de organisations qui les représentent, au plan territorial (Groupements d’employeurs ou Consulaires, …) comme au plan, traditionnel
mais en recomposition, des Branches, OPCO, Observatoires des Métiers et des Qualification, … sans parler des lieux de réflexion et d’innovation – institutionnels ou non – où nous pouvons nous retrouver (notamment pour une mobilisation sur les enjeux de l’organisation du travail , des objectifs stratégiques et opérationnels de l’entreprise , du management du potentiel de ressources et de mobilité professionnelle des salarié(e)s). Et ceci ne doit être qu’un début pour les « professionnels de l’accompagnement » que nous sommes …

Nos partenariats s’enrichissent aussi, au fil du temps, tant avec des institutions que des associations … même s’il ne s’agit encore que d’échanges d’idées ou de « bons procédés » (par exemple tenir compte des agendas des uns et des autres) mais pas du sponsoring dont nous commençons à éprouver le besoin pour passer un cap dans nos ambitions de travail.

Car il s’agit bien de « changer d’ère » en même temps qu’on change d’air (avec le déconfinement total ou partiel des initiatives), comme nous le postulions dans l’invitation lancée à notre Université de printemps du 16 juin 2021.

C’est pourquoi notre Assemblée Générale du 22 juin dernier a confirmé les orientations initiales, tout en insistant sur la volonté d’être plus que jamais aux côtés de celles et ceux qui sont acteurs des transformations des organisations du travail, du management et des compétences, ainsi que sur le fait de s’ouvrir à de nouvelles coopérations et surtout de nouvelles participations à nos initiatives …

L’équipe animatrice, renouvelée à cette occasion, se donnera les moyens de vous proposer de relever ensemble de nouveaux défis et de se retrouver dès la rentrée de septembre pour construire les problématiques et les démarches utiles pour les mois et années à venir.
Dans cette nouvelle étape, vous pourrez prendre toute votre place, comme partenaires ou comme participant(e)s à cette aventure collective qui continue !

Pour l’Association, son Président
Jacques FAUBERT
Juillet 2021

Université de Printemps 2021

Le programme de notre Université de Printemps 2021, qui s’est déroulé le 16 juin dernier, est encore disponible ci-dessous en format “diaporama”. Le diaporama s’active au passage de la souris sur la première vignette, en cliquant sur les flèches droite/gauche.

 

 

Du nouveau pour les transitions collectives

Le dispositif (que nous vous avons présenté sur ce BLOG) évolue, se développe et se renforce. Une instruction ministérielle du 11 janvier 2021 définit mieux le rôle des différents acteurs et insiste sur la dynamique partenariale, territorialisée, à construire (et pour partie déjà en construction sur une centaine de territoires dont la moitié à forts enjeux industriels). Saluons le beau travail de présentation et explicitation réalisé par Centre INFFO (dont on retrouvera un schéma synthétique, paru sur les réseaux sociaux, en lien ici). Et, de son côté, le Ministère du Travail de vient de faire paraître deux documents qui complète bien l’« outillage » des Transitions Collectives : un Questions-Réponses (à jour en date d’avril 2021) téléchargeable et une précieuse Fiche à destination des employeurs également disponible ici.

En finir avec le charabia du digital learning ?

Article paru initialement sur le blog de C.CAMPUS en mars 2021 et repris ici avec l’autorisation de l’auteur.

De façon surprenante, l’idiome du digital learning est aussi riche qu’imprécis pour qualifier les différents formats de contenus propres au domaine de la formation numérique. Ainsi, depuis la naissance du mot e-learning, à la fin des années 1990, un lexique s’est progressivement constitué, composé de termes improbables, issus le plus souvent d’une hybridation contre-nature des répertoires de l’informatique, du marketing et de la version américaine des technologie éducatives. S’il est tout à fait admissible que les promoteurs d’un secteur émergent constituent un thésaurus inédit pour qualifier de nouvelles pratiques, il est en revanche plus contestable qu’ils le fassent au détriment de leur intelligibilité. Cet article a pour objet de proposer une grille de lecture, transversale au charabia du digital learning, pour saisir les différents formats de contenus utilisés dans le domaine de la formation numérique.

4 formats de contenus technopédagogiques peuvent être identifiés :

Le format texto-graphique
Le format audiovisuel (numérique)
Le format interactif
Le format immersif

Chacun de ces formats dispose de sa propre grammaire. Dans un contexte particulier de formation, le formateur concepteur sélectionnera un format en fonction de la relation que celui-ci permettra d’établir entre une intention pédagogique, un contenu spécifique et une technologie numérique.

Ces 4 formats ont pour point commun une production des contenus par l’informatique en vue d’une consultation par l’apprenant sur des écrans numériques (smartphone, liseuse, tablette, ordinateur, objets connectés…). Cela les différencie notamment de formats de contenus « parents » comme le livre imprimé, la vidéo télévisuelle, etc.

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