Editorial n° 3 – 2020

« On peut aussi bâtir quelque chose de bien avec les pierres qui entravent le chemin » (Goethe)

Depuis mars dernier, les entreprises, leur management et les professionnels ayant vocation à les accompagner ont vécu l’addition d’une crise sanitaire et d’une autre économique, avec son lot d’enchaînement de situations critiques, de « stop and go » stressants et coûteux, pour les structures comme pour les personnes…

Mais cette période tourmentée et inachevée a aussi laissé percevoir des capacités d’innovation et de rebond formidable ; donnant ici ou là de belles leçons tant de résilience que d’innovation. Nous y avons été particulièrement attentifs, s’agissant de la « recomposition » des productions et services, des organisations et des compétences (en lien avec plusieurs partenaires)(1).

Nous avons aussi fait nôtres les réflexions de Maurice Thévenet(2) lors de la grande crise de 2008(3) : « Puisque la crise existe, elle devient l’explication de tout, on ne lit plus qu’à travers son prisme (…) Pourtant, il y a un monde à l’extérieur, il y a des secteurs qui marchent bien grâce à la crise, ceux qui continuent presque normalement (…) Il y a donc des opportunités à saisir dans ces décalages (…) La crise a été brutale ; de cette rapidité même peuvent émerger de nouvelles chances (…) Il convent de prendre date pour le futur ».

Prendre cet angle de vue, ce n’est pas pour autant faire preuve d’un optimisme béat, alors même que des entreprises ferment et que des pertes d’activités et d’emplois se font jour, dans l’immédiat ou au terme d’une séquence de chômage partiel. C’est délibérément se placer du point de vue des facteurs de relance ou, dans certains secteurs, de « renaissance ».

Pour une Association comme la nôtre, c’est se mettre au service des besoins de diagnostic, de prospection et de mobilisation de compétences des entreprises attachées à se renouveler et à « refonder » leur management.

Dans les mois qui viennent, nous allons donc tourner nos « Conversations professionnelles » (qui vont reprendre sous diverses modalités) et notre future « Rencontre 2021 » vers des problématiques de co-construction de réponses aux besoins de développement de compétences et de refondation du management ; nous nous efforcerons pour cela d’agir aux côtés d’entreprises engagées sur ces enjeux, avec lesquelles nous comptons nouer des liens et mener des dialogues et des « learning expeditions » sur le terrain …

Nous n’aurons pas la prétention de lever les incertitudes qui pèsent depuis longtemps sur la vie des entreprises, de leur management et des actifs (salariés et indépendants) et encore plus dans la période. Mais nous prendrons notre part dans le rassemblement du plus grand nombre d’éléments d’analyse et de prospective susceptibles de fournir repères et références utiles.

Vous lirez bientôt sur notre BLOG nos propositions censées traduire ces orientations en initiatives pour l’année à venir, préludes à des invitations à venir. Notre « fil rouge » consistera à repartir des compétences à désormais intégrer et/ou plus valoriser en entreprises, en posant in fine les questions de reconnaissance sociale et professionnelle, encore mal traitées à notre sens …

Et comme nous savons bien qu’il faut « souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière »(4) , nous voulons faire de nos initiatives (et de celles lancées par les partenaires avec qui nous nous associerons) les composantes, modestes mais résolues, d’une dynamique nouvelle où l’on avance par temps de crise !

Jacques FAUBERT
Président de
L’Association pour l’accompagnement et le développement des compétences
Septembre 2020

 

(1) A voir les publications et tribunes qui en rendent compte sur notre BLOG, ainsi que le replay de la Matinale de l’AFREF du 18 juin 2020 sur WEBIKEO.

(2) Enseignant-chercheur, représentant de la FNEGE (Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises) à l’Université d’Hiver de la Formation Professionnelle (UHFP 2020), son intervention liminaire a marqué les participant(e)s et celles et ceux qui ont pu lire sa tribune dans LE QUOTIDIEN DE LA FORMATION savent que sa pertinence est toujours actuelle.

(3) In « Manager en temps de crise » (EYROLLES, 2009).

(4) René CHAR (« Les matinaux », 1950).

Alain ASSOULINE : Le Numérique doit faire sa révolution de l’apprentissage

Les entreprises du numérique et celles qui sont en mutation ne doivent pas laisser de côté les apprentis. Ces derniers sont un gage d’agilité et un apport de ressources tangibles.

Alors que la France sort progressivement de la crise sanitaire, et fera face dans les prochains mois à des difficultés économiques sans précédent, il est urgent de soutenir les secteurs créateurs de valeur et d’emploi. Parmi eux, les entreprises du numérique et celles qui ont fait ou feront leur transformation numérique. Dans les premières, qui traversent les mêmes incertitudes que le reste des entreprises françaises, 191 000 postes étaient annoncés à pourvoir d’ici 2022. Quels seront les chiffres après la crise, nous n’en savons rien. Mais à n’en pas douter, la reprise dépendra en grande partie de la capacité des entreprises à entreprendre ou accélérer leur transformation numérique. Ainsi, aux besoins des entreprises du numérique vont s’ajouter ceux très nombreux des entreprises de tous les autres secteurs de l’économie qui vont relocaliser ces compétences ou qui devront les acquérir pour muter.

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Investir dans les compétences pour reconstruire l’économie

Communiqué de la Fédération Française de la Formation Professionnelle (FFP) – (18/06/2020)

La situation inédite que nous traversons réinterroge profondément notre économie et nos modes de vie. La France va devoir faire face à une récession de -10 %. C’est pourquoi, la FFP a confié à l’économiste Nicolas Bouzou et son cabinet Asterès le soin de mener une réflexion macro-économique sur le rôle du développement des compétences dans la relance de l’économie et son adaptation aux transformations structurelles nécessaires que sont le numérique et l’écologie, notamment.

Selon Nicolas Bouzou, « La formation est centrale pour le rebond économique et faire progresser l’activité sur le long terme. Dans ce contexte, l’investissement dans les compétences ce n’est pas un choix, c’est une nécessité absolue. »

Ce rapport inédit, Investir dans les compétences pour reconstruire l’économie, formule les principales préconisations suivantes :

La crise du Covid-19 renforce l’urgence à former les salariés en poste, afin de stimuler la productivité de nos entreprises. Ainsi, le FNE – Formation devrait être prolongé pour les entreprises entre 50 et 250 personnes qui ne bénéficient plus de fonds de la formation, et les abondements au Compte Personnel de Formation largement ouverts et facilités dans les meilleurs délais.

Les demandeurs d’emploi et les jeunes, publics encore plus fragilisés par la crise, doivent être accompagnés dans leur insertion sur le marché de travail. Ainsi, il convient principalement d’élargir les publics pouvant bénéficier des fonds du Plan d’Investissement dans les Compétences, et de soutenir massivement l’alternance, quel que soit le contrat et quel que soit le niveau de qualification, pour éviter le déclassement d’une génération.

Le rôle des compétences dans les transitions numérique, écologique et industrielle doit être reconnu et promu. Ainsi, les investissements en formation doivent être inclus dans les politiques de déploiement du numérique, de relocalisation et dans le Green Deal européen.

« Au lendemain de l’annonce, par le Président de la République, d’un investissement massif pour l’éducation, la formation, et les emplois de notre jeunesse, l’objectif de notre fédération est d’accompagner les décideurs publics dans l’orientation de ces investissements afin de maximiser les retours socio-économiques en termes de promotion des compétences, d’emploi et de croissance », affirme Pierre Courbebaisse, Président de la FFP.

Télécharger le rapport Investir dans les compétences pour reconstruire l’économie.

Olivier MEDICI : Télétravail & management

Le télétravail, nouveau mode de travail nomade jusqu’alors minoritaire et marginalisé en France, a connu une explosion inattendue du fait de l’épidémie mondiale de Covid-19.

Outils collaboratifs et Télétravail : contexte, enjeux et évolutions

Le télétravail est défini par l’Article L-1222-9 du Code de travail, comme : “toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication.”

Ce nouveau mode de travail nomade, jusqu’alors minoritaire et marginalisé en France, a connu une explosion inattendue du fait de l’épidémie mondiale de Covid-19.

Ce bouleversement dans les habitudes de travail a bousculé les entreprises et les DSI, qui ont été contraintes de réagir immédiatement pour déployer une nouvelle organisation de travail, une nouvelle approche managériale et des outils collaboratifs adaptés.

Le Covid-19 a généré ainsi un réel ébranlement au sein des entreprises, qui nous amène à réfléchir profondément à une nouvelle vision du monde du travail, à ses interactions, ses mutations, ses enjeux et ses limites.

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