Editorial n° 2 – 2020 : Aller de l’avant … malgré tout !

« Que de projets divers on aime à caresser, sans songer au hasard qui les vient contrarier »
(Publius Syrus, poète latin – 1er siècle avant J.C.)

Nous avons eu, en tant qu’Association, plus de chance que beaucoup d’entre-nous ou de nos partenaires au niveau de nos entreprises : ce que à quoi nous avions dû renoncer en décembre 2019, nous l’avons tenu et réussi le 3 mars dernier. Nous y reviendrons…

Mais, force est de constater que depuis la tenue de notre RENCONTRE PROFESSIONNELLE, les reports et les annulations d’activités n’ont cessé de tomber, du fait de l’épidémie de Covid19 : sans même qu’on sache la date de fin possible du confinement (et indépendamment des aides publiques, des reports de charges et des avances de trésorerie, susceptibles d’atténuer le phénomène) le tableau des pertes d’activités et de revenus est déjà sidérant ; sans parler d’initiatives précieuses de plusieurs de nos partenaires reportées sine die (comme plusieurs Matinales de l’AFREF) ou au second semestre (comme la Biennale du CEREQ) ou à minima très décalée (comme le Printemps de la prospective reporté au 12 juin prochain… si tout va bien).

Disant cela, et regrettant ici les pertes souvent sèches de nos collègues « accompagnateurs de compétences » (consultants, formateurs, coachs, …), nous n’oublions pour autant ni les victimes du Covid19 ni le formidable combat de la « première ligne » sanitaire et de la chaîne de dévouements qui assure par ailleurs nos approvisionnements du quotidien.

Mais les questions qui se posent à notre profession sont prégnantes :

S’impliquer dans la continuité d’activités de certains clients, en agissant sur le terrain des conditions de travail et de la prévention, pour accompagner les organisations sous tension des secteurs toujours en production ;

Assurer sa propre continuité de travail, tant par le bon usage du télétravail qu’en développant le « e-learning » : c’est l’occasion d’aller plus et mieux sur ce terrain (où les prestataires du développement des compétences étaient attendus depuis longtemps), en profitant de la gratuité de nombreux outils mis à disposition par le Ministère du travail ou nos amis du FFOD ;

• Se préparer à accompagner la reprise des activités et des besoins des entreprises, de leur management et de leurs salariés ; en somme il nous appartient, collectivement, de « penser le jour d’après » !

Et sur ce dernier point, plus que jamais, notre Association pour l’accompagnement et le développement des compétences a et aura de plus en plus son rôle à jouer : des pistes émergeant de notre RENCONTRE PROFESSIONNELLE du 3 mars dernier aux projets de travaux que nous portons et qui serons concrétisés dans les mois à venir …

Comme le disait BERGSON « L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire » … et nous le ferons ensemble !

Jacques FAUBERT
Président de l’Association pour l’accompagnement et le développement des compétences © – Mars 2020.

Une « Rencontre Professionnelle » fondatrice

Après bien des vicissitudes, notre Association a pu mener à bout son projet de « Rencontre Professionnelle » le 3 mars 2020. Initialement programmée en décembre 2019 (et reportée dans le contexte social que vous connaissez) elle aurait dû constituer notre « Université d’hiver ». A quelques jours du printemps, il aurait été osé de garder cette appellation ! Néanmoins, elle a gardé volontairement un petit côté de la grande U.H.F.P. de Centre INFFO, très réussie ; car pour celles et ceux qui n’ont pas pu aller à BIARRTIZ discuter de la « nouvelle donne de l’Apprentissage » ou de la « Formation en situation de travail », les ATELIERS du matin ont permis d’échanger avec une bonne partie des interlocuteurs/trices les plus pertinent(e)s de ces sujets…

L’ATELIER sur la Formation en Situation de Travail a été introduit par Emmanuelle BEGON (MaFest) (qui a mis l’accent sur des pratiques marquées par une « alternance de temps de mises en situation aménagées d’apprentissage et de temps réflexifs »). Nourri des expériences du Cabinet Pro-Sapiens (Agnès WEISSBERG) et des apports complémentaires de l’Institut du Travail et du Management Durable (Elsa BONNAL), du Dispositif « Zero Barrier » (Eugénie DALIMIER) ou d’Hubert GRANDJEAN (AFDEC), l’Atelier a pu revenir, avec Catherine BISSEY, sur l’expérimentation initiale menée par ACTALIANS et s’enrichir des projets de mobilisation en faveur des TPE dans le cadre nouveau de l’OPCO EP … Clairement « l’AFEST bouscule les organisations et le management », comme l’a relevé le Quotidien de la Formation.
De l’aveu de tous, il faut prendre le Décret AFEST comme un point d’appui et non l’occasion de créer une usine à gaz ou un « marché de niche » opportuniste, pour des formateurs. Ce dont les entreprises qui s’engagent dans la démarche (ou donnent dans ce cadre un sens nouveau à leurs efforts) ont besoin, ce n’est pas de « sachants » mais d’« accompagnateurs du développement des compétences » en phase avec leur système de travail, des experts se mettant au service de leur besoin, aux côtés des chefs d’entreprises ou des manageurs impliqués. A ce prix, « l’AFEST peut devenir la forme privilégiée d’organisation apprenante pour les TPE, en offrant une analyse quasi permanente des écarts entre pratiques constatées et fondamentaux nécessaires » (C. BISSEY).

1er atelier
2e atelier

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Le nouveau paysage des Opérateurs de Compétences – OPCO

Depuis avril 2019, et après de longues et parfois tumultueuses négociations entre Branches (y compris sous la pression de l’Etat dans plusieurs cas) 11 opérateurs de compétences ont été agréés. Les rattachements, parfois difficiles à comprendre (où les rapports de forces semblent avoir parfois compté plus que les logiques de métiers), ont été réalisés d’abord sur la base ces Conventions Collectives Nationales (CCN) ; cependant chaque OPCO pourra accueillir les entreprises ne relevant pas nécessairement d’un accord national de branche sur la formation mais dont l’activité principale relève de son champ d’intervention.

Les anciens OPCA restent les interlocuteurs des entreprises et des prestataires concernés jusqu’à la mise en place effective des OPCO. Ceux-ci auront pour rôle de favoriser la transition professionnelle des salariés, d’apporter aux Branches adhérentes l’appui technique nécessaire pour établir une GPEC et les aider à déterminer les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage et de professionnalisation et d’assurer le financement de ceux-ci. Et jusqu’au 31 décembre 2020, au plus tard (date de l’entrée en vigueur de la collecte par l’Urssaf) les OPCO sont agréés pour collecter les contributions des employeurs au titre du financement de la formation professionnelle et de l’alternance.

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