Editorial n° 1 – 2021

« Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer » (Gaston BERGER)

Après tant de mois à jouer au yoyo avec l’activité professionnelle et la vie personnelle de chacun(e) de nous, en cumulant crise sanitaire et crise économique, cette année 2020 s’en est enfin allée.

Mais elle n’est pas qu’une année « blanche » pour la trésorerie de trop d’entreprises ou « noire » pour trop de familles. C’est aussi et peut être surtout – prenons en le pari, en tout cas ! – une année « grise », de transition, de mutations en œuvre, parfois profondes … En fait, nous sommes en crise, au sens chinois du terme (Wei Ji), entre « danger » et « opportunité ».

En effet, comme nous le disions, de concert avec les Compagnons du Tour de France (à l’occasion d’un débat organisé par nos amis de l’AFREF au printemps dernier, au sortir du premier confinement) : « Dans les semaines qui viennent de passer, nous avons constaté que des entreprises changeaient à vue de production, d’organisation et forcément de management des compétences. La liste de ces transformations est impressionnante (…) sans même parler des profonds bouleversements introduit par le boom du télétravail et les questions qu’il soulèvent : sur la construction (ou pas) de la confiance et de la proximité à distance, sur les modalités d’un maintien (ou pas) des repères de Qualité de Vie au Travail et sur la transformation de fait des modes de management en l’affaire ».

Ces constats, désormais assez largement partagés, s’inscrivent complétement dans nos préoccupations et initiatives : en tant qu’Association, nous nous sommes effectivement donnés pour rôle d’aller à la rencontre des « signaux faibles » des transformations en œuvre, pour construire quelques problématiques fécondes avec des entreprises, des chercheurs et des « professionnels de l’accompagnement » … et pour cela 2021 s’annonce une année stimulante, avec de nombreux défis à relever.

Avec votre implication et le soutien de nos partenaires, nous entendons prendre notre part de l’accompagnement des changements dont 2020 aura été une sorte de terrible révélateur (presque au sens de l’époque quasi révolue de l’argentique). Car, c’est, par exemple, en plein second confinement que FRANCE STRATEGIE a engagé un important et précieux travail sur les compétences et que l’AFNOR a su prolonger la production de la précieuse Norme X50-774 sur le déploiement d’un plan de compétences en entreprise par un travail sur l’évaluation des compétences. C’est aussi le moment où il nous est apparu nécessaire de nous engager dans la mise en lumière d’un certain nombre de « talents dont les entreprises auraient tort de se priver » : personnes handicapées (le 18/11/2020), séniors (le 17/12/2020) et prochainement jeunes diplômé(e)s laissé(e)s à la porte des entreprises …

Nos « Conversations professionnelles » se poursuivront cette année sur un autre terrain, sur lesquelles les mutations évoquées plus avant ont jeté une lumière crue : la « reconnaissance sociale et professionnelle » des compétences et talents démontrés dans des occasions exceptionnelles (en pleine crise sanitaire), que nous souhaitons traiter et mettre en visibilité … de la seconde chance à offrir à la VAE jusqu’à la prise en compte dans les négociations sociales de Branches de ce qui émerge désormais bien trop vite pour elles.

Ce sera l’occasion de tenir sur ces questions notre deuxième RENCONTRE PROFESSIONNELLE, d’ici le printemps prochain … en présentiel si les rebonds de la crise sanitaire nous y autorisent.

Nous comptons bien associer un maximum d’entre vous à ces initiatives et que vos réflexions, expériences et dynamiques de terrain contribuent à leur succès, faisant ainsi de cette nouvelle année, un moment utile !

Pour l’Association pour l’Accompagnement et le Développement des Compétences,
son Président
Paris, le 4/01/2021.

Université de Printemps 2021 : Programme

Le programme de notre Université de Printemps 2021, devant se dérouler le 16 juin prochain, est disponible ci-dessous en format “diaporama”. Le diaporama s’active au passage de la souris sur la première vignette, en cliquant sur les flèches droite/gauche.

 

Du nouveau pour les transitions collectives

Le dispositif (que nous vous avons présenté sur ce BLOG) évolue, se développe et se renforce. Une instruction ministérielle du 11 janvier 2021 définit mieux le rôle des différents acteurs et insiste sur la dynamique partenariale, territorialisée, à construire (et pour partie déjà en construction sur une centaine de territoires dont la moitié à forts enjeux industriels). Saluons le beau travail de présentation et explicitation réalisé par Centre INFFO (dont on retrouvera un schéma synthétique, paru sur les réseaux sociaux, en lien ici). Et, de son côté, le Ministère du Travail de vient de faire paraître deux documents qui complète bien l’« outillage » des Transitions Collectives : un Questions-Réponses (à jour en date d’avril 2021) téléchargeable et une précieuse Fiche à destination des employeurs également disponible ici.

De premiers jalons vers une nouvelle réforme ?

A l’occasion de l’anniversaire de la Loi DELORS de 1971 sur la Formation, Centre INFFO a ouvert une série d’entretiens par un panorama (confié à Philippe CEPEDE) que nous ne saurions trop vous recommander, et poursuivie notamment avec Carine SELLIER (Haut-commissaire aux compétences, depuis le retrait de Jean Marie MARX) et au moins deux partenaires sociaux qui comptent : Geoffroy ROUX DE BEZIEUX (pour le MEDEF) et Yvan RICORDEAU (pour la CFDT). Compte tenu de l’ouverture d’un nouveau cycle de dialogue social sur d’éventuelles « retouches » à apporter à la Loi de 2018 sur la Formation Professionnelle que vient d’annoncer le Gouvernement, ces deux interventions croisées posent des jalons déjà importants, dont vous trouverez ci-dessous quelques points clefs à avoir en tête.

POUR LE MEDEF : il y a des améliorations à apporter, et le souhait de dégager des constats partageables à porter auprès du gouvernement. « Dans le viseur », il y a les limites du CPF : au-delà du nombre de comptes activés, il y a des interrogations sur l’utilité des formations activées, leur articulation avec le plan de formation des entreprises et plus généralement la co-construction avec l’entreprise. L’autre gros sujet pour le MEDEF, c’est la mise en œuvre du PIC (Plan d’Investissement dans les Compétences) qu’il résume de façon critique comme une façon de « faire payer les entreprises pour la formation des demandeurs d’emploi ». Enfin, le dispositif qui se met en place pour accompagner les reconversions professionnelles et les « transitions collectives » les interrogent du point de vue de sa complexité.

POUR LA CFDT : il y aura des avancées à défendre et développer, notamment « la dimension formatrice du travail et ses conséquences sur la certification » (de la VAE à l’AFEST, sans parler des pédagogies de l’alternance) et le principe du co-investissement ; et ne pas revenir sur le passage de l’obligation de payer à celle de former. Surtout, pour le syndicat, l’enjeu d’avenir c’est l’accompagnement, d’une part, en améliorant la portée et la capacité d’innovation sociale des outils en place (Entretien professionnel, CEP, Transitions collectives, …) en particulier au plan territorial, et, d’autre part, en en faisant une composante majeure d’une nécessaire transformation de l’offre de formation, dans laquelle le bénéficiaire dispose bénéficie d’un accompagnement tout au long de son parcours. Enfin, la CFDT plaide pour des politiques publiques et paritaires « plus efficientes » et donc moins segmentées et porteuses de plus de sens.

Enquête & Travail

Cette chronique aurait pu aussi bien s’intituler « enquêter sur le travail ou dans le travail ? », tant les entrées et angles d’approche peuvent être nombreux …

On ne vous cachera pas qu’il est écrit sous la conjonction de deux réflexions : celle de notre Association, retravaillant ses priorités, thèmes, cibles et méthodes à l’occasion de son désormais traditionnel « Séminaire de rentrée » et celle d’un enseignant-chercheur, Joris Thiévenaz, mis en lumière par INFFO-Formation du début septembre (1). On aurait pu y rajouter la relecture d’été d’au moins deux numéros spéciaux d’EDUCATION PERMANENTE sur « l’intervention en entreprise », de travaux de l’équipe d’ATEMIS (2) et de quelques sociologues précurseurs (3)

Nous travaillerons d’ailleurs à organiser une ou plusieurs de nos nouvelles « Conversations professionnelles » avec quelques-uns de ces contributeurs.

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