Alain ASSOULINE : Le Numérique doit faire sa révolution de l’apprentissage

Les entreprises du numérique et celles qui sont en mutation ne doivent pas laisser de côté les apprentis. Ces derniers sont un gage d’agilité et un apport de ressources tangibles.

Alors que la France sort progressivement de la crise sanitaire, et fera face dans les prochains mois à des difficultés économiques sans précédent, il est urgent de soutenir les secteurs créateurs de valeur et d’emploi. Parmi eux, les entreprises du numérique et celles qui ont fait ou feront leur transformation numérique. Dans les premières, qui traversent les mêmes incertitudes que le reste des entreprises françaises, 191 000 postes étaient annoncés à pourvoir d’ici 2022. Quels seront les chiffres après la crise, nous n’en savons rien. Mais à n’en pas douter, la reprise dépendra en grande partie de la capacité des entreprises à entreprendre ou accélérer leur transformation numérique. Ainsi, aux besoins des entreprises du numérique vont s’ajouter ceux très nombreux des entreprises de tous les autres secteurs de l’économie qui vont relocaliser ces compétences ou qui devront les acquérir pour muter.


Elles rencontreront cette difficulté : au besoin prégnant de recrutement afin d’intégrer une main-d’œuvre qualifiée pour se transformer, s’opposera un manque de visibilité à moyen terme pour les entreprises suite à la crise sanitaire. À long terme, ce déséquilibre et ce manque de main d’œuvre menacent l’ensemble de notre économie. Face à l’urgence du “redémarrage”, et l’exigence de compétitivité, les entreprises peuvent immédiatement réagir en préparant l’avenir : le déploiement de la formation au numérique par l’apprentissage et le recrutement massif d’apprentis sont les seules voies possibles pour se préparer et se transformer.

Des mesures d’incitation inédites, une main d’œuvre facile à intégrer dans une équipe

Annoncées le 4 juin dernier dans le cadre des premières mesures du plan de relance, l’état délivre une aide à hauteur de 5 000 euros pour le recrutement d’apprentis de moins de 18 ans et 8 000 euros pour ceux qui sont majeurs. Ce montant a été pensé en relation avec les barèmes de rémunération en fonction de l’âge et du niveau d’études. Cela signifie que le coût de recrutement d’un salarié en contrat d’apprentissage est quasi nul la première année.

D’autre part, la gestion administrative liée au contrat d’apprentissage est simplifiée. Le portail du Ministère du Travail recense toutes les démarches règlementaires. La plateforme énumère en détail les coordonnées des interlocuteurs stratégiques pour les entreprises et allège le processus contractuel en fournissant des formulaires préremplis et téléchargeables.

Le rythme d’alternance, un faux problème

Il arrive que les modalités de présence au travail, parfois partielle, parfois espacée, de l’apprenti soit dissuasive pour certains employeurs. On l’ignore souvent mais il y a presque autant de rythmes d’alternance que de besoins.

L’alternance de 3 semaines en entreprise suivies d’une semaine de cours permet à l’apprenti de suivre pleinement ses sujets. Dans le cadre de la mise en place d’un projet numérique, ce suivi sur le long terme assure une implication professionnalisante de l’apprenti. La fréquence de 3 jours de travail et 2 jours de formation permet quant à elle d’assurer une permanence ponctuelle sur des missions plus diverses.

Certains centres de formation d’apprentis du numérique proposent même une présence en formation intense lors des premiers mois afin que, lorsqu’ils arrivent dans l’entreprise, les apprentis soient opérationnels et puissent tout de suite continuer à apprendre en travaillant sur des projets. Il s’agit donc tout simplement de faire coïncider le bon rythme d’alternance aux besoins spécifiques des équipes concernées.

Former un futur collaborateur, c’est préparer l’avenir

L’apprentissage est un bon moyen d’anticiper le développement d’une entreprise, d’engager sa transformation numérique ou tout simplement le remplacement d’un salarié. En plus d’apprendre en rendant de réels services, l’apprenti se voit aussi transmettre la culture d’entreprise, la connaissance de ses produits et processus, sa vision.

A ce titre, il assure à l’employeur l’engagement d’un collaborateur fiable et parfaitement opérationnel à l’issue de son parcours, dans un contexte où le recrutement est un enjeu capital pour l’avenir des entreprises, de leur transformation numérique réussie et de l’économie.

Pour les entreprises, c’est aussi l’occasion de co construire, main dans la main avec la jeunesse sur des valeurs de diversité et d’inclusion, en intégrant l’apprentissage dans leur stratégie RH.

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