Le nouveau paysage des Opérateurs de Compétences – OPCO

Depuis avril 2019, et après de longues et parfois tumultueuses négociations entre Branches (y compris sous la pression de l’Etat dans plusieurs cas) 11 opérateurs de compétences ont été agréés. Les rattachements, parfois difficiles à comprendre (où les rapports de forces semblent avoir parfois compté plus que les logiques de métiers), ont été réalisés d’abord sur la base ces Conventions Collectives Nationales (CCN) ; cependant chaque OPCO pourra accueillir les entreprises ne relevant pas nécessairement d’un accord national de branche sur la formation mais dont l’activité principale relève de son champ d’intervention.

Les anciens OPCA restent les interlocuteurs des entreprises et des prestataires concernés jusqu’à la mise en place effective des OPCO. Ceux-ci auront pour rôle de favoriser la transition professionnelle des salariés, d’apporter aux Branches adhérentes l’appui technique nécessaire pour établir une GPEC et les aider à déterminer les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage et de professionnalisation et d’assurer le financement de ceux-ci. Et jusqu’au 31 décembre 2020, au plus tard (date de l’entrée en vigueur de la collecte par l’Urssaf) les OPCO sont agréés pour collecter les contributions des employeurs au titre du financement de la formation professionnelle et de l’alternance.

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NOS BREVES

* LE RÉSEAU EMPLOIS COMPÉTENCES (REC)
Animé par France Stratégie, le Réseau Emplois Compétences a été créé en 2015 pour « renforcer la capacité collective d’observation et de prospective » des acteurs de l’emploi, de la formation et de l’orientation. Il réunit des observatoires de branches et régionaux et des acteurs de l’emploi, de la formation et de l’orientation. Il réunit des observatoires de branches et régionaux et des acteurs de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles : administrations, Insee, Pôle emploi, France Compétences, experts qualifiés, …
Outre le groupe de travail « Mobilisation des compétences en entreprise », lancé le 13 mai 2019, (et dont la Note de cadrage est disponible au format PDF – 137 ko), l’agenda du REC prévoit :

o des réunions thématiques, dont une première sur les « impacts au niveau national des cadres européens sur les compétences » qui s’est tenu la semaine du 20 mai 2019 à Bordeaux, dans les locaux de l’Agence Erasmus + ;

o des « Rendez-vous du REC », dont un sur la filière numérique qui s’est tenu le mardi 25 juin 2019 dans les locaux de France Stratégie.
En savoir plus : https://www.strategie.gouv.fr/chantiers/reseau-emplois-competences

o Un cycle de travail a également été lancé en mai 2019 sur « la mobilisation des compétences par les entreprises dans le cadre de leurs pratiques RH » … auquel notre Association est associé depuis fin 2019.

* UN PROJET, UN RESEAU, UNE STRATEGIE DE DEPLOIEMENT DE L’AFEST : un réseau d’acteurs et de structures de proximité, coordonné par Emmanuel BEGON (qui avait été fortement impliquée dans les expérimentation préalable à la sortie du Décret du 28 décembre 2018 ) se met en place afin de créer, dans les territoires, les conditions pour favoriser le déploiement des actions de formation en situation de travail (Afest).
Ce réseau intitulé « La Maison de la formation en situation » se place sous l’égide d’une orientation qui nous est chère : partir du travail pour aller vers l’acquisition de compétences et la construction de parcours professionnalisants. En savoir plus : Articles du Quotidien de la Formation du 6/03/2019 et du 12/05/2019 Article de la revue “Cadres CFDT” n° + un article d’Emmanuelle BEGON « Territoires d’apprentissage » (Revue CADRES CFDT, 2019).

* LES PARADOXES DU FINANCEMENT DE LA FORMATION :
La « zone grise » de la Réforme de 2018, ce sont les entreprises de + 50 et – 300 salariés … car si les TPE et plus petites PME vont continuer de bénéficier de l’aide de leurs OPCO (et parfois d’une mutualisation améliorée) et si les grandes entreprises avaient déjà l’habitude de mobiliser des formations « à leur main » (certaines, comme AXA, y consacrant jusqu’à 8 % de la masse salariale), les PME et ETI qui bénéficiaient du système précédent sont quasiment « livrées à elles-mêmes ».
Il en résulte un paradoxe à examiner de près : d’un côté, un risque de coupe dans les budgets formation et/ou plus globalement de désinvestissement en matière de formation ; de l’autre, une incitation à innover, inventer de nouvelles façons de faire émerger ou consolider les compétences lorsqu’elles assument le fait d’en avoir besoin.
Abonder le CPF et cofinancer de la formation avec les salariés, va rapidement devenir une nécessité que les Pouvoirs publics et les Branches devraient avoir à cœur d’encourager.
Mais comme le Ministère du Travail le préconise désormais (en écho à des travaux que nous avions menés, dans un cadre antérieur, dès 2016, et aux interventions plus récentes mais efficaces de la FFP), BERCY s’est enfin engagé dans l’examen d’une refonte des normes comptables, pour rentrer les dépenses de formation comme un « investissement » inscriptible à l’actif du bilan et « amortissable ». Ce devrait être un puissant levier pour encourager les entreprises sur le terrain du développement des compétences.

* Les « Société de mission » autorisée par la Loi PACTE :
Le Décret d’application de la Loi PACTE du 22/05/2019 concernant la création des « sociétés de mission », vient de paraître. Ce nouveau label suppose de développer une démarche « responsable », défini dans les statuts de la société en tant que « raison d’être », allant clairement dans ce sens, en termes de finalités sociales et environnementales et d’objectifs les traduisant. En outre, la société doit s’engager sur le suivi de l’exécution de la mission qu’elle s’est assignée. Pour ce faire, cette nouvelle « société de mission » se déclare en tant que telle au Greffe du Tribunal de commerce compétent et s’engage sur le contrôle de ses engagements tant à l’interne (avec un comité ad hoc comprenant au moins un salarié) qu’à l’externe, avec un organisme indépendant, accrédité – comme pour QUALIOPI – par le COFRAC.
Pour en savoir plus : voir le Décret du 2 janvier 2020 (J.O. du 3/01/2020).

* LE « PLAN DE DEVELOPPEMENT DES COMPETENCES » PEINE A SE CONCRETISER : Dûment prévu dans la Loi du 5 septembre 2018, le « Plan de développement des compétences » en est encore à ses balbutiements en entreprise. Une enquête réalisée auprès de DRH et de RF par la société COMUNDI constate que l’information est bien passée , la mise en œuvre ne suit pas : près de la moitié des responsables interrogés n’avaient pas encore engagé de « Plan de développement des compétences » en juin 2019. La nouvelle définition , élargie, de l’action de formation et le nouveau dispositif PRO-A sont encore mal  maîtrisés … et la réforme du financement et des OPCO interpelle et/ou inquiète de nombreuses entreprises de 50 à 300 salariés. Reste que tout ceci peut se transformer en une bonne chose, partout où les dirigeants de l’entreprise rentrent dans une nouvelle logique d’investissement et une nouvelle culture de management du développement des compétences (avec des changements de posture et de rôle et un outillage capable de suivre le retour sur investissement des actions menées).
En savoir plus : aller sur le site de COMUNDI https://www.comundi.fr

A voir également le compte-rendu de la “Conversation Professionnelle” du 26 novembre 2019 et l’article du numéro 984 d’INFFO Formation.

* Le CEDEFOP (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle) a mis en place une veille en temps réel sur les compétences en analysant les offres d’emploi en ligne. Il examine ces données pour « produire des informations plus rapides et plus détaillées sur les compétences, en complément de ses prévisions régulières à long terme en matière de compétences à l’échelle européenne, de l’enquête européenne sur les compétences et les emplois, et de l’indice européen des compétences. »

Editorial n° 1 – 2019

« Il n’y a rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue » (Victor HUGO).

Après quelques mois de réflexion, à partir du constat des efforts réalisés et des déceptions et désagréments rencontrés dans le cadre d’une Chambre syndicale, et quelques temps aussi à tester nos hypothèses auprès de collègues et partenaires, j’ai eu plaisir à annoncer la constitution le 11 mars et la création officielle le 13 avril dernier (parution au J.O.) de notre « Association pour l’accompagnement et le développement des compétences » © dont vous découvrez ici le BLOG.

En dépit d’un véritable travail de fond sur les évolutions de notre profession (et des métiers du Conseil, de la Formation et du Coaching qui la composent pour l’essentiel) et d’une participation active à tous les grands débats qui l’ont agité depuis 2013, force est de constater que le cadre du « syndicalisme des travailleurs indépendants », dans lequel nous nous sommes inscrits un temps, a rencontré ses limites. Plusieurs initiatives prises, notamment de « Rencontres professionnelles » nationales (Biennales 2015 et 2017) ou régionale (2018), nous ont confortés, dans le dialogue avec les institutionnels (DGEFP, DGE, COE, France Stratégie…) et de nombreux et précieux partenaires, avec lesquels le lien perdure, fort heureusement. Mais beaucoup trop de pistes (d’action, d’évolution, de « modernisation » et même de « moralisation »), tracées à ces occasions, sont restées sans écho satisfaisant auprès de ceux qui auraient dû et pu s’en saisir au premier chef : les « formateurs » et « formateurs- consultants »

La Loi « Choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018 (même si elle ne change pas autant de choses que nous pouvions l’espérer), a pourtant créé un paysage propice à nos orientations, au travers de la nouvelle définition de l’« action de formation » et de celle des « prestataires concourant au développement des compétences » ; d’ailleurs cela se traduit jusque dans les conclusions que la Fédération de la Formation Professionnelle (FFP) a commencé à tirer dans ses statuts, en termes d’« accompagnement des compétences », et devrait permettre des coopérations jusque là limitée à des travaux au sein de l’AFNOR.

Et c’est aussi dans cette période que nous nous sommes engagés, avec le Cercle National du Coaching, la Fédération des CIBC et de nombreux autres acteurs, dans la création d’un Observatoire des Métiers de l’Accompagnement (OMA) (dont la première Convention, le 15 avril 2019, au CESE, a été un succès).

Au total, nous sommes confortés par ce souffle porteur et par l’ampleur des opportunités à analyser et à saisir pour faire avancer la profession et surtout créer la confiance chez nos clients actuels et à venir : notre définition professionnelle est bien dans l’accompagnement des transformations des entreprises (et de leur management) et du développement des compétences ad hoc.

C’est à quoi l’Association qui vient de prendre son envol va s’appliquer et ce dans quoi ses membres fondateurs vont s’impliquer, en organisant le travail à l’instar d’un véritable « institut de recherche, d’étude et de formation » (ce que prévoient nos Statuts), dont vous trouverez ci-dessous les premiers éléments d’un Programme (qu’un « Comité scientifique » en cours de constitution, autour de nos amis Hubert Grandjean et Yves Soronellas, va compléter et amplifier) :

• Des « Conversations professionnelles », organisés en cycles, constituant la matière d’un Laboratoire permanent de l’accompagnement des transformations (Lab’Ac Transformations) qui ont commencé les 28/05/2019 (avec Pascal UGHETTO) et 1/07/2019 (avec Sandra ENLART et Dominique MONERA),
• Des « Journées de l’accompagnement des transformations des organisations et des compétences », en octobre 2019,
• Des « Conférences-débats » ponctuelles, coorganisées avec des partenaires (y compris en régions),
• Des « Séminaires », à vocation de professionnalisation,
• Le tout alimenté par des « Travaux de recherche » menés sous la direction de membres de notre Conseil scientifique, et des enquêtes de terrain,
• Et, bien sûr, des « Publications », pour rendre compte de tout cela et porter sens et messages…

Voilà nos ambitions de travail et la contribution professionnelle, pour le coup véritablement « indépendante », que nous nous proposons de fournir désormais, en dépassant ainsi le cadre « syndical » dans lequel ces options ont été conçues et ont mûri (spécialement grâce à une équipe francilienne impliquée et tournée vers l’avenir, bien décidée à aller aussi à la rencontre des professionnels intéressés en régions).

Alors, bienvenue sur le BLOG ADEVCOMP, le blog de l’Association pour l’accompagnement et le développement des compétences ©, et dans les initiatives que nous prendrons avec vous (que vous rejoigniez directement l’Association ou en deveniez partenaires ou sponsors).

Blog et initiatives s’enrichiront au fil du temps de vos réflexions et contributions.

A bientôt donc !
Pour l’Association et ses membres fondateurs
Jacques FAUBERT, président
jacques.faubert@adevcomp.com

 

Pascal UGHETTO : Organiser l’autonomie au travail

Pascal Ughetto est professeur à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Ses recherches, au sein du Laboratoire Techniques, territoires et sociétés (LATTS), portent sur les transformations du travail dans divers secteurs (services, industrie, organismes privés, publics et associatifs). Il est membre de plusieurs conseils scientifiques, dont l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT), Entreprise & Personnel, ainsi que l’Observatoire des cadres.

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