UN COLLOQUE INTERNATIONAL POUR LA RECONNAISSANCE OUVERTE :

La dynamique de l’e-pic (que nous avons soutenu et dont nous avions rendu compte en 2024) s’est poursuivi avec succès du 21 au 23 octobre 2025.

Ce Colloque international a encore bénéficié de la participation de nombreuses délégations étrangères des quatre coins du monde et d’acteurs français importants (de France Travail aux Acteurs de la compétence et aux Réseaux des APP jusqu’à des OPCO comme l’AFDAS ou UNIFORMATION) malheureusement pas en assez grand nombre, aux vues de l’importance du sujet et de ses enjeux.

Ces 3 jours ont permis de nombreuses échanges stratégiques et de pratiques entre acteurs, autour de l’équipe de RECONNAITRE, son Président, Serge RAVET, et son Délégué général, Philippe PETITQUEUX. Ça a été l’occasion également d’une appropriation collective de plusieurs travaux, notamment issus du « Comité National des Acteurs des Badges Numériques » (dont ADevComp s’honore d’être membre) :

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FAIRE TOUTE SA PLACE A LA RECONNAISSANCE OUVERTE ET PROMOUVOIR SES PRATIQUES :

Telle était l’ambition du webinaire organisé en commun par l’AFREF et ADEVCOMP le 16 octobre 2025 (quelques jours avant le Colloque e-pic 2025 de Paris).
C’était une « première », mais nos deux associations se sont promis  non seulement de s’inviter aux initiatives l’une de l’autre mais dans organiser plusieurs autres en commun.
Animée par Patrick WAELES et Jacques FAUBERT, cette rencontre a bénéficié notamment des apports de Serge RAVET (Pdt de RECONNAITRE et organisateur du Colloque précité) et Muriel MOUJEARD (cogérante de la Scop TEMPTA en Normandie et membre du Comité National des Acteurs des Badges numériques).
Au-delà de beaux échanges sur le sens, la portée et les conditions éthiques de son déploiement, la Reconnaissance a fait l’objet d’une présentation synthétique (voir le Schéma joint), ainsi que d’une mise en perspective (voir le Manifeste joint) et d’une présentation – en avant-première sur le Colloque des 2-22-23 octobre) d’une partie des nombreux travaux en cours (voir le Cadre de référence proposé pour les « pratiques de reconnaissance ») dont une mise en lumière de la nouvelle Norme AFNOR pour le déploiement de la reconnaissance en entreprise (à laquelle contribue notamment Serge RAVET et notre vice-président Hubert GRANDJEAN )…
Nos précieux amis du Quotidien de la formation en ont fait un compte-rendu intéressant, que vous retrouverez joint.
D’autres initiatives en ce sens suivront !

Nos brèves 2025

DU NOUVEAU DU CÔTE  …

  • DES TRANSITIONS PROFESSIONNELLES :

l’Accord National Interprofessionnel (ANI) du 25 juin devrait être entériné lors d’une lecture définitive à la rentrée parlementaire du Projet de Loi « portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l’emploi des salariés expérimentés et relatif à l’évolution du dialogue social ».

Les organisations patronales et syndicales veulent une transposition cohérente de l’Accord, notamment afin de  «réintégrer une gestion paritaire sur le champ de la formation professionnelle ». Ce devrait être le cas, s’agissant de la place de l’Association partitaire CERTIF’PRO (que nous avions fait intervenir sur la Certification CLéA – Management dans une de nos « Conversation professionnelle » ). C’est une consécration pour elle,  issue d’un ANI non retranscrit et qui n’était jusque-là légitimée que par un rôle d’interface entre les Associations Transitions Pro et acteurs institutionnels. Les missions de coordination et d’animation des AT Pro confiées par la loi à la nouvelle instance devraient consolider la dynamique existante, selon les signataires de l’ANI.

Le projet de loi prévoit un transfert des fonds des Projets de Transitions Professionnelles (PTP) vers Certif Pro, qui les repartira et affectera aux 18 AT Pro, à échéance du 1er janvier 2028 ; date à laquelle France compétence devrait transférer aussi à Certif Pro la gestion du système d’information commun au réseau des AT Pro.

Plus curieusement, le Projet de Loi prévoirait la création, au 1er janvier 2026, d’un « Conseil national de l’orientation et de la formation professionnelles pour le développement des compétences » quadripartite, dont le secrétariat serait également confié à Certif Pro.

Sera-ce le retour des instances d’avant la Loi de 2018 de type « CNFOP » et autre « COPANEF » auxquels on adjoindrait les Régions ?

Pour quelle plus-value ? A SUIVRE …

 

  • DE L’EMPLOI DES SENIORS :

Déjà passé devant le Sénat en juillet 2025, le projet de loi visant à transposer 3 ANI  des 14 novembre 2024 et 25 juin 2025( sur « l’emploi des seniors, l’évolution du dialogue social et les transitions et reconversions professionnelles ») a passé le cap du Parlement …

La transcription de ces Accords porte d’abord sur le renforcement du dialogue social dans les branches et les entreprises sur l’emploi des seniors, avec l’obligation de négocier au moins une fois tous les 4 ans dans les branches professionnelles et, pour les entreprises d’au moins 300 salariés, d’une manière distincte des autres négociations.

Un nouveau Contrat de Valorisation de l’Expérience (CVE), créé à cette occasion, devrait être expérimenté pendant 5 ans afin de favoriser le recrutement des seniors. Ce contrat, à durée indéterminée, sera ouvert aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail d’au moins 60 ans (ou dès 57 ans si un accord de branche le prévoit). La mise à la retraite ne pourra être envisagée que lorsque le salarié a atteint l’âge d’un départ à taux plein. L’employeur sera exonéré temporairement de la contribution patronale spécifique de 30% sur l’indemnité de mise à la retraite (pour 3 ans suivant la publication de la loi). Un employeur ne pourra recruter en CVE un salarié ayant travaillé dans l’entreprise ou une entreprise du même groupe durant les 6 derniers mois.

La Loi vise également à mieux préparer les secondes parties de carrière en améliorant le lien entre les visites médicales et « l’entretien de parcours professionnel« . Le gouvernement a modifié son texte initial pour tenir compte de l’ANI signé le 25 juin 2025 sur les transitions et les reconversions professionnelles. Un des objectifs de cet accord est de faire de l’entretien professionnel un véritable outil de gestion de carrière pour le salarié. Désormais dénommé « entretien de parcours professionnel », celui-ci sera ainsi mis en œuvre selon une périodicité différente, avec un contenu enrichi.

Plusieurs mesures portent enfin sur les dispositifs d’aménagements de fin de carrière. En particulier, l’accès à un temps partiel dans le cadre d’une retraite progressive est facilité. Il sera accessible dès 60 ans (contre 62 ans aujourd’hui). Dossier législatif disponible ici.

 

  • DES ENTREPRISES QUI S’ENGAGENT :

 Le Groupement d’Intérêt Public (GIP) « les entreprises s’engagent » publie son tout premier Rapport d’impact (à télécharger ici), 3 ans après sa création. L’occasion de dresser un bilan d’étape sur cette coalition originale qui réunit aujourd’hui 100 000 entreprises (parmi lesquelles les TPE/PME représentent plus de 95%, les ETI environ 4% et les GE de l’ordre de 1%. ), 101 clubs départementaux et plus de 70 actions concrètes et qui affirme derrière ces chiffres « une ambition commune: répondre aux grands enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux, et contribuer, à notre échelle, à une société plus inclusive et à un monde plus durable ».

En moyenne, une entreprise membre recrute 8 % de personnes en situation d’éloignement de l’emploi de plus qu’une entreprise hors communauté. Cet écart grimpe à +19 % pour les personnes en situation de handicap et +16 % pour les bénéficiaires du RSA. Concrètement, en 2024, ce sont plus de 80 % des entreprises qui ont concrétisé au moins un engagement et 86 % qui ont maintenu le recrutements de publics prioritaires.

Les entreprises de la communauté accueillent également 4 fois plus de personnes en immersion, 3 fois plus en Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) et près de 80 % de plus en AFPR (Action de formation préalable au recrutement). Une preuve de plus que cette dynamique contribue à mieux diffuser et simplifier les outils de l’inclusion.

A l’avenir, le GIP compte miser sur la montée en puissance des clubs et sur un ancrage territorial encore plus marqué, notamment dans les zones les moins couvertes économiquement.

Pour en savoir plus : https://lesentreprises-sengagent.gouv.fr/

 

  • DE L’APPRENTISSAGE : 
  • Nouveau décret, nouveau CERFA, nouvelles obligations

Vous trouverez ici l’excellente synthèse réalisée par notre amie Nathalie LE STER en juillet dernier sur Linkedin.
Le décret du 27 juin 2025 relatif aux contrats d’apprentissage ne passe pas inaperçu. Il s’accompagne de la mise en ligne du nouveau formulaire CERFA V14, qui intègre plusieurs évolutions importantes – en particulier sur les modalités pédagogiques.

Voici les données principales à retenir :

1. Le distanciel est officiellement reconnu
Le CERFA V14 prévoit désormais une rubrique spécifique pour indiquer la part de formation réalisée à distance.
Une avancée importante : la réalité des pratiques pédagogiques est enfin prise en compte dans le cadre administratif.
Mais attention : cette part devra être justifiée pédagogiquement, traçable et conforme au référentiel Qualiopi.
2. Plus de transparence dans les modalités
Le formulaire demande désormais une description plus précise de l’organisation pédagogique : alternance, présence, distanciel…
Cela renforce l’exigence de cohérence entre le contrat, l’ingénierie pédagogique et la convention de formation.
3. Un enjeu de conformité renforcé
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue de l’État et des OPCO sur les pratiques d’alternance. Le remplissage du CERFA est un outil de régulation et de traçabilité, pas une simple formalité.

En résumé :
Cette mise à jour n’est pas qu’administrative. Elle invite tous les CFA à revoir leurs process pour garantir clarté, conformité et justification pédagogique, notamment en matière de distanciel.

 

  • Du nouveau du côtés des Régions :

Pendant ce temps, les Régions attendent l’élargissement à la carte des formations en apprentissage des missions des CREFOP (Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles), car elles souhaitent rapprocher les formations qu’elles financent des priorités des branches professionnelles au niveau régional, et  pouvoir mutualiser les plateaux techniques entre les acteurs de la formation continue dans les territoires, les CFA (centres de formation d’apprentis) et les lycées professionnels.

En outre, l’Association des Régions de France de Régions de France a demandé à l’Etat de reverser aux Régions une partie des sommes économisées grâce aux nouvelles règles de calcul des niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage. Ces moyens supplémentaires seraient censés permettre aux Régions de « répondre aux besoins des CFA en investissement et en fonctionnement pour les métiers émergents et pour la ruralité ».

Certaines Régions (dont GRAND EST) ont manifesté la volonté d’innover, par exemple, en décidant d’ouvrir le Plan Régional d’Investissement dans les Compétences (PRIC) 2024-2027 au CPF (compte personnel de formation) pour les seniors et de cofinancer leur formation. Certaines envisagent également d’élargir le CPF à des formations non certifiantes ayant montré leur efficacité auprès de personnes fragilisées ou dans des secteurs en tension. « Cela nécessiterait bien sûr de modifier la loi mais on peut y réfléchir car il s’agit de formations réellement professionnalisantes » d‘après Valérie Debord, présidente déléguée de la commission formation-emploi au sein de Régions de France (Source : CENTRE INFFO).

  • Un horizon 2035 pour l’apprentissage :

C’est ce que nous propose une contribution estivale portée par Les Acteurs de la compétence, l’Association WALT et le Cabinet QUINTET.

Retour vers le futur : L’apprentissage en 2035 (publié le 17 juillet 2025) :

« Quelle ambition pour l’apprentissage ? Après une progression spectaculaire de l’apprentissage, une série de décisions dictées par des considérations essentiellement budgétaires, souvent complexes et parfois avec des motivations bancales, jette le doute sur l’ambition sinon la conception de l’apprentissage en France…

Et pourtant, dans 10 ans…en 2035 … »

Pour lire la suite, en téléchargement ici.

 

  • DE LA VAE :

 C’est peu de dire que la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) peine à s’imposer (avec 20 000 diplômés par an depuis sa création en 2002 et un taux de déperdition proche de 30% entre la recevabilité du candidat et la certification). Mais la ministre du Travail Astrid PANOSYAN-BOUVET et la ministre de l’Education nationale Élisabeth BORNE sont visiblement convenues d’une relance, à l’été 2025, avec comme objectif de « transformer l’expérience en diplôme, avec une VAE plus simple et plus rapide ». A noter :

  • Publication au Journal officiel de deux textes importants (l’arrêté du 3 juillet 2025 qui encadre les missions des AAP/Architectes Accompagnateurs de Parcours et le décret n°2025-663 du 18 juillet pour l’éligibilité au CPF l’ensemble du parcours VAE à compter du 1er août prochain) ;
  • Réunion d’un Comité stratégique pour la VAE (le 22 juillet, avec un autre en perspective en fin d’année), cette organisation est censée être plus dans le concret et l’opérationnalité ( avec tous les acteurs concernées représentés) et donc à priori « plus efficace et moins coûteux qu’un GIP » d’après la Ministre du Travail  …

Un jugement sur le GIP (groupement d’intérêt public) portant le Service public de la VAE (alias France VAE) qui ne passera pas inaperçu …

  • Le portail France VAE, quant à lui, sera conforté comme le point d’entrée unique pour tous les actifs, employeurs et certificateurs. Il est désormais accessible à 570 certifications (contre 23 en janvier 2025), représentant plus de 80 % des diplômes recherchés par les candidats. On peut noter en outre que 18.000 nouveaux candidats ont commencé un parcours depuis janvier sur France VAE, dont 15 % sur les certifications intégrées entre février et juin « ce qui laisse augurer 20 000 diplômés par cette voie fin 2025 » d’après les Ministres.

Ce mouvement bénéficiera de l’engagement renforcé des ministères certificateurs, dont le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, qui devrait, selon la Ministre, inscrire sur France VAE tous ses diplômes – du CAP aux BTS en passant par les Bac pro- d’ici à la fin de l’année, facteur d’attractivité à priori.

   Alors comment avancer maintenant ?

  • Mieux faire connaître cette démarche en agissant avant et pendant la VAE ; l’avant consistant à « démocratiser l’entrée dans le processus et le rendre incitatif » notamment pour publics prioritaires (salariés peu qualifiés, chômeurs, actifs en reconversion, métiers réglementés, … ). Le pendant, lui, consistera à simplifier et fluidifier les parcours , jusque-là difficile, notamment effectif en raison de l’éclatement des systèmes de certification.
  • Surtout, l’accent sera mis désormais sur les VAE collectives, qui donne la possibilité aux entreprises « de s’engager dans un projet de transformation et d’évolution des compétences vers de nouveaux métiers, au sein même de l’entreprise » selon les propos de la Ministre du Travail.
  • Enfin, la digitalisation des procédures doit permettre aux certificateurs de réaffecter le temps administratif à du temps d’organisation des jurys, en particulier pour les domaines très demandés (services à la personne, métiers en tension, …).

 

  • LA QUALITE EN FORMATION : 
  • Pour la Formation Professionnelle, « l’heure est aujourd’hui à la régulation» vient de proclamer l’Etat, à l’occasion de la sortie, en plein été, d’un « plan interministériel d’amélioration de la qualité de la formation professionnelle et de lutte contre la fraude », dont les 4 volets ont déjà été largement commentés : (1) renforcer la qualité des formations,(2) garantir la qualité des processus des organismes de formation, (3) mieux informer et protéger les jeunes et les actifs, (4) déployer une politique de tolérance zéro contre la fraude. Le plan gouvernemental est téléchargeable ici.
  • Un décret (du 6 juin 2025) précise déjà la forme juridique et le contenu des habilitations à former et à évaluer octroyées par un certificateur mais, s’agissant des habilitations à former en apprentissage sur des diplômes de l’Education Nationale, une habilitation spécifique sera requise (à partir du 2e semestre 2026).

La bonne nouvelle, au passage, c’est l’annonce du renforcement de la lutte contre les dérives sectaires en formation et par vie de conséquences des pouvoirs de sanction des Services de contrôles.

Mais c’est plus largement la lutte contre la fraude qui est à l’ordre du jour, en s’appuyant notamment sur la Loi « contre les fraudes aux aides publiques » (du 30 juin 2025) : celle-ci permettra désormais  de suspendre, refuser ou annuler la déclaration d’activité d’un organisme fraudeur ; le  NDA (Numéro de Déclaration d’Activité) pourra d’ailleurs être refusé à des organismes ou dirigeants ayant déjà été sanctionnés pour fraude.

Mais le gros morceau des nouvelles dispositions concerne QUALIOPI :

  • De nouveaux indicateurs vont être intégrés à la certification Qualiopi, notamment pour les formations en apprentissage. Dans ce nouveau cadre, les CFA devront par exemple clarifier leurs missions, notamment dans l’accompagnement pédagogique et l’alternance entre formation théorique et pratique en entreprise.
  • Les modalités des audits qualité de Qualiopi devraient être revues, notamment en systématisant les contrôles sur place et en rendant obligatoire la présence du dirigeant lors de l’audit
  • Une certification des auditeurs Qualiopi va être rendue obligatoire (formation certifiante enregistrée au Répertoire spécifique). De plus, les conditions déontologiques seront renforcées pour préciser les cas d’incompatibilité. Et dans ce cadre, France compétences va se voir confier un rôle d’appui du Cofrac (Comité français d’accréditation).
  • Enfin, Il va être procédé à un élargissement du champ d’application de Qualiopi, aux organismes qui se financent uniquement sur les frais de scolarité et surtout à ceux financés par les fonds d’assurance formation des non-salariés qui ne le seraient pas encore.

 

DU NOUVEAU CHEZ NOS AMI(E)S  …

  • DES « APP », qui fêtent leurs 40 ans cette année  :

L’Association pour la Promotion du label APP (Atelier de pédagogie personnalisée) a vu enfin reconnaître et inscrit au Répertoire Spécifique de FRANCE COMPETENCES sa Certification  « Facilitateur d’apprentissage pour des publics hétérogènes » (voir leur site). Mais leur actualité, c’est aussi le déploiement d’un projet d’envergure  SynAPPs (en réponse à l’Appel à projet DEFFINUM – Dispositifs France Formation Innovante Numérique – financé par la Caisse des dépôts dont l’objet est d’accompagner les transformations, notamment numériques, des organismes de formation), que nous soutiendrons. Et surtout, ils organisent un rendez-vous à ne pas manquer : les 15èmes Assises nationales du Réseau APP, du 8 au 10 octobre à LYON (occasion de célébrer les 40 ans du Réseau et d’en tracer les perspectives à venir). Programme téléchargeable ici.

Et ,bien sûr, nous serons à leur côté !

  • DE « RECONNAÎTRE » :

Après le succès du 3ème « FORUM national des acteurs de la Reconnaissance Ouverte et des Badges », tenu cette année à VANNES, l’Association RECONNAITRE est investie tant dans la finalisation de la nouvelle version du LIVRE BLANC DES BADGES NUMERIQUES que dans la réalisation de la future Norme X50-759 sur la Reconnaissance ouverte, au sein de l’AFNOR (aux côtés notamment de notre ami Hubert GRANDJEAN). Et surtout, elle prépare activement

l’e-PIC 2025 « De l’Education Ouverte à la Reconnaissance Ouverte » (23eme conférence internationale sur les technologies, les pratiques et les politiques d’éducation et de reconnaissance ouvertes) qui se tiendra du 21 au 23 octobre prochain, dans les locaux de l’U.I.C.  (75015 PARIS), avec un accent mis sur la question de la reconnaissance de la « fonction Reconnaissance » en entreprise.

Pour s’inscrire :  https://epic.openrecognition.org/inscription/?lang=fr 

 

  • DE FRANCE TRAVAIL :
  • Un nouveau partenariat : France Travail et la Caisse des Dépôts et Consignation viennent de signer un accord de partenariat pour développer ensemble un « Observatoire emploi-compétences 4.0 » (rapprochant les outils de la CDC – Passeport Compétences, AGORA –  et les ressources de France Travail) et mener de façon concertée une politique d’abondements au CPF (compte personnel de formation),  expérimentée à l’échelle régionale  pour financer les formations dans des métiers spécifiés et pour des publics éloignés de l’emploi.

Ce partenariat comprendra aussi un volet « logement », en lien avec les bailleurs sociaux et en lien avec les parcours d’insertion et pour. répondre aux besoins de recrutement dans les métiers en tension.

Et cette coopération pour l’emploi devrait se traduire par un soutien y compris financier à des initiatives locales d’insertion ciblée  (dont les Ecoles de production et Territoires zéro chômeur de longue durée, …).

  • Un nouveau chantier : France Travail lance un nouveau programme « Orientation et Transitions », « pour aider les actifs à réussir leur transition professionnelle ». Pour la DG de France Travail, c’est la continuité des efforts menés avec la mise en œuvre du ROME 4.0 « pour une  meilleure lisibilité des métiers et des compétences associées », avec un programme visant « l’amélioration des services en orientation professionnelle », en s’appuyant sur le potentiel du ROME 4.0 (qui devrait  décrire plus de 2.000 métiers existants avec les compétences et les certifications qui s’y rattachent, dès 2026). C’est en train de devenir le « langage partagé » du passeport emploi-compétences de la CDC et du Réseau des CARIF/OREF et bientôt des travaux de France compétences pour l’enregistrement des certifications. Pour France Travail, cette initiative se situe  clairement en phase avec le déploiement de l’ANI sur les transitions professionnelles (voir plus haut) . 
  • DES « ACTEURS DE LA COMPETENCE» :

Depuis le début de cet été 2025, les Acteurs de la compétences ont multiplié les Rencontres professionnelles, notamment en régions (ADevComp a d’ailleurs participé le 8 juillet à l’étape Auvergne-Rhône Alpes de leur tour de France , dédié à la reconnaissance de l’expérience et aux « micro-certifications »).

Ça a été l’occasion pour eux de promouvoir un nouveau « Manifeste », actualisant leurs références. On le trouvera en téléchargement ici.

  • DE « SEMAPHORES» :

Saluons l’initiative de SEMAPHORES (Groupe ALPHA) qui s’associe à « Seniors Force Plus (SF+) », association à but non lucratif dédiée à la valorisation des seniors actifs, pour  « contribuer à valoriser et à favoriser la place des seniors en entreprise : maintien en poste, recrutement, intrapreneuriat et entrepreneuriat) ». Leur ambition : « replacer les plus de 50 ans au cœur des dynamiques professionnelles en mettant en lumière leur expérience, leur capacité de transmission et leur rôle stratégique au sein des organisations ». Une plaquette est disponible ici.

Pour en savoir plus : https://www.semaphores.fr/nos-offres/developpement-du-capital-humain

 

L’EUROPE LANCE UNE « UNION DES COMPETENCES » :

Après avoir organisé une « année européenne des compétences » (du 9 mai 2023 au 8 mai 2024) (dont nous avons parlé sur ce BLOG), l’Union européenne lance une  nouvelle initiative, celle d’une « Union des compétences » visant à « soutenir le capital humain et renforcer la compétitivité de l’U.E. », avec pour cela des objectifs d’ici à 2030 ; ces objectifs sont fournis avec des indicateurs de résultats. Voir cette communication (téléchargeable). Mais le texte offre aussi une vision globale des enjeux de l’éducation et de la formation constituant une référence pour l’élaboration de plans de politiques publiques concrets par tous les États membres. A voir si et comment ils s’en empareront ! A SUIVRE …

LES OBSERVATIONS DU « CONSEIL NATIONAL DE LA PRODUCTIVITE (CNP) » :

Suite à une communication de l’Union Européenne de 2016, la France a institué, en 2018, au sein de FRANCE STRATEGIE un « Conseil National de la Productivité » (CNP), composé d’experts indépendants. Il contribue au dialogue au niveau national sur ces sujets. Son Rapport annuel (celui joint – téléchargeable ici – est le 5ème) est soumis à la consultation des organisations syndicales de salariés et d’employeurs

Le CNP élabore un rapport annuel et organise une consultation des organisations syndicales de salariés et d’employeurs (dont l’avis est annexé) ainsi qu’une consultation de la société civile, avant son adoption définitive.

Que va-t-on trouver en lisant cette livraison 2025 ?

Le Chapitre 1 se penche en détail sur l’évolution de la productivité du

travail en France depuis 2019 par rapport à ses principaux partenaires commerciaux et par rapport à sa tendance pré-Covid (2010-2019).

Le Chapitre 2, quant à lui, analyse en profondeur l’évolution de la compétitivité de la France depuis 2019 et discute de la sensibilité de ses parts de marché à l’exportation, en comparaison avec la moyenne européenne.

Enfin, le Chapitre 3 revient sur les développements récents en France en matière d’adoption des technologies numériques (incluant l’IA et la robotique), en les comparant à ceux des autres pays européens et des États-Unis, et illustre les gains de productivité de ces technologies pour un large échantillon d’entreprises.

D’après le Rapport, trois grands enseignements peuvent être tirés de ces analyses :

« D’une part, même si la faiblesse de la productivité du travail par tête depuis 2019 reflète avant tout un marché du travail dynamique et une croissance économique plus riche en emploi (ce qui est positif pour le pouvoir d’achat des travailleurs), ces créations d’emploi ne pourront être consolidées qu’à la faveur d’une croissance économique de long terme plus forte. »

« D’autre part, la relative amélioration de la compétitivité de la France dans le secteur manufacturier pourrait s’expliquer en partie par la baisse des coûts salariaux, essentiellement par rapport à l’Allemagne. Pourtant, la compétitivité de la France, pénalisée par la baisse de la productivité, reste fragile à bien des égards. »

« Cela pose donc la question des choix stratégiques en matière de politique économique dans le futur : soit la France fait le choix d’investir substantiellement dans des technologies innovantes afin de dégager de nouvelles marges de gains de productivité (avec un risque de ralentissement de la croissance de l’emploi), soit, à tendances technologiques constantes par rapport à la situation actuelle, elle devra faire le choix de continuer à contenir les coûts salariaux dans les secteurs à plus faible valeur ajoutée qui sont très sensibles à la compétitivité prix. ».

A voir, là aussi, ce que le gouvernement actuel et ceux qui lui succéderont,  tireront de ces travaux !

DE NOUVELLES ORIENTATIONS POUR L’EMPLOI, LA FORMATION ET L’APPRENTISSAGE :

« Adapter notre appareil de formation aux besoins de l’économie », tel est le titre de la communication du Conseil des Ministres du 30 avril 2025 (téléchargeable ici). Et même si on n’en est pas encore à sa « mise en musique », reconnaissons qu’on a affaire, cette fois, à un Plan d’action de plus grande envergure que d’ordinaire, « pour renforcer la qualité des formations et lutter contre la fraude ».

Ces objectifs, qu’ils soient officiels (fiabiliser le système, recentrer la dépense publique sur des formations « utiles », faire la chasse aux fraudeurs …) ou non (réaliser 100 millions d’économie en 2026 !) ne sont pas une surprise ; mais on commençait à ne plus trop croire à une action systématique – à défaut d’être systémique – tant la Loi de 2018 semble déjà loin.

On ne peut que se satisfaire du point de départ de la réflexion gouvernementale, à savoir affirmer que « le renforcement de notre économie passe par des filières scientifiques plus solides, plus attractives, et plus inclusives. Nous devons former davantage de techniciens, d’ingénieurs, de scientifiques, et mieux attirer les jeunes filles vers ces métiers ». Pour nous aussi, c’est « un chantier essentiel ».

Il était important de ne pas se contenter de reconnaître les acquis de la Réforme de 2018 (notamment sur la revalorisation de l’Apprentissage et l’ouverture du CPF) ou l’action de Carole GRANJEAN (avec la Réforme du Lycée professionnel initiée en 2023) reposant la question du « lien entre école et marché du travail ». S’attaquer à ce qui freine ou dévoie ces efforts est plus que nécessaire, en effet.

Pour notre Association – qui s’est plusieurs fois saisi de ces questions – il était important de cibler les contributions à apporter à la lutte contre le poids trop important  du chômage de longue durée, « particulièrement en fin de carrière » (au moment où va se déployer, par ailleurs, un plan en faveur des séniors), et contre l’insuffisance des reconversions professionnelles.

Mais l’enjeu n’est pas moindre de « rapprocher l’offre de formation initiale et continue des besoins en compétences » et de faire évoluer l’offre et améliorer l’orientation des jeunes mais aussi des publics adultes.

On se permettra de souligner aussi ces points clefs que sont la répartition territoriale des efforts des acteurs de l’emploi et du développement des compétences et surtout leur coordination sur les territoires !

Relevons ici quelques points clefs (que la lecture de la communication entière éclairera et complétera) :

 1. Renforcer l’adaptation des formations aux besoins du marché du travail et leur qualité, ce qui passe entre autres par « l’adaptation du contenu des diplômes aux besoins », mais aussi par la « remise à plat» de la Certification Qualiopi qui, aux yeux du gouvernement « n’assure pas la fonction qui lui était conférée de garantir un standard de qualité pour les formations en apprentissage et pour les publics adultes ». Ce qui passera par un renforcement des Services Régionaux de Contrôle (SRC) et de leur action contre la fraude.

 2. Mieux flécher les financements de l’apprentissage sur les besoins en compétences et les métiers en tension, la réforme du financement des centres de formation des apprentis (CFA) devra prioriser une logique de « financements en fonction des besoins en compétences » plutôt que les « considérations économiques de certains acteurs de la formation ».

 3. Déployer la réforme du lycée professionnel. Car si l’on considère que dans les quinze métiers qui recruteront le plus d’ici à 2030, dix correspondent à des métiers de la voie professionnelle, « la transformation des lycées professionnels est impérative, pour que la voie professionnelle redevienne un véritable tremplin vers la réussite, et pour que notre économie dispose des compétences dont elle a besoin».

 4. Territorialiser l’offre de formation dans l’enseignement supérieur, qui s’est fortement développée « sans faire l’objet d’une évaluation de leur qualité » ni des « leviers de régulation» suffisants, notamment au plan territorial. D’où l’idée de « renforcer la gouvernance partenariale territoriale, en associant pleinement les acteurs locaux, aux décisions stratégiques concernant l’offre de formation des universités ».

 5. Adapter les dispositifs à destination des adultes pour une meilleure adéquation aux besoins du marché du travail, pour lesquels sont retenus les points suivants :

    1. les droits acquis à la formation avec la mobilisation du CPF ;
    2. la validation des acquis de l’expérience qui est indispensable pour faciliter les reconversions et réduire les tensions de recrutement ;
    3. l’accès ou le retour à l’emploi des demandeurs d’emploi étrangers, notamment en renforçant le lien entre la formation linguistique et la formation au métier ;
    4. les dispositifs de reconversion professionnelle.

Enfin, la communication promet des engagements budgétaires à l‘été et souligne que « le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) pour les demandeurs d’emploi doit être mieux orienté vers les besoins collectifs et les secteurs qui recrutent. »

Nos brèves 2024

AMELIORER L’ACCOMPAGNEMENT DES CHEFS D’ENTREPRISE

Quand on parle d’accompagnement – une des raisons d’être d’ADevComp – on parle généralement de celui des salarié(e)s pour le repérage et la reconnaissance de leur expérience, le développement de leurs compétences  et/ou leur reconversion ; on sait aussi l’importance à accorder à l’accompagnement de l’organisation et la performance de l’entreprise. Mais pense-t-on suffisamment à l’accompagnement du management et plus encore à celle du chef d’entreprise , notamment de PME ?

Aujourd’hui, des chefs d’entreprise (de la CPME notamment)  et certains réseaux, comme le Groupe « Esprit d’entreprendre » (spécialisé dans l’accompagnement des dirigeants et porteurs de projet), se dressent contre « le tabou autour de l’accompagnement des chefs d’entreprise, qui sont souvent réticents à demander de l’aide par peur du jugement ». Les dispositifs d’aide et d’appui sont très mal connus des chefs d’entreprise  et l’information est dirigée en priorité vers les salariés.

C’est ainsi, qu’un des administrateurs CPME du CIBC Isère-Savoie[1] fait ce constat : «  je connais beaucoup de chefs d’entreprise qui pensent par exemple que le bilan de compétences ne leur est pas accessible ». Le deuxième obstacle est économique, avec le plafonnements des financements au niveau des fonds d’assurance formation (FAF) des non-salariés. Et la troisième et peut être principale contrainte, c’est « le conseil aux dirigeants, grand oublié de la Réforme de 2018 » d’après cette même source CPME (qui milite par ailleurs pour des dispositifs innovants et mal connus tels que les « groupements de prévention agréés (GPA) » de soutien aux entreprises et à leurs dirigeants).

ET LES MANAGERS ?

En France, les formations aux managements ne manquent pas – le foisonnement n’étant pas  synonyme de transparence ni de garantie aux yeux des chefs d’entreprise qui les recrutent ! loin de là – mais la formation continue et/ou les parcours de développement de compétences dédiés ne semble pas forcément à la hauteur tant des attentes que des besoins.

Dans une étude récente[2], on apprend que 7 répondants sur 10 indiquent avoir demandé une voire plusieurs fois à suivre une formation pour exercer leur nouvelle fonction. L’attente est là …

Et le besoin est patent, au regard de charges de travail qui s’alourdissent et de fonctions qui se complexifient : « intégrer le management à distance (avec une plus grande attention portée à la santé mentale), faire face à l’émergence de la génération Z sur le lieu de travail, s’assurer de la cohésion d’équipes intergénérationnelles, …», observe une des responsable de l’étude précitée.

Au final, on remarquera que 27% des interrogé(e)s ont constaté « un manque de moyens et de soutien ». Le chantier est là, d’une belle ampleur !

[1]  Interviewé par Centre INFFO.

[2]  Cf. Etude du cabinet de recrutement Robert Walters auprès de plus de 600 cadres en France réalisée au 2ème trimestre 2024, citée par Centre INFFO.

L’INNOVATION SE CONSTRUIT SUR LE TERRAIN

Depuis mai 2024, en Aquitaine, s’est mise en place une nouvelle modalité de formation d’auxiliaires spécialisés vétérinaires, en alternance , intitulée Nouvelle Aquitaine Santé Animale (NASA) portée par un consortium original avec le Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Blanquefort, le Centre interprofessionnel de formation d’apprentis de Bayonne, des cliniques vétérinaires et nos amis de l’Agence française pour le développement de l’emploi et des compétences (AFDEC), soutenu par la Région Nouvelle Aquitaine, le FSE et l’Etat (notamment dans le cadre de FRANCE 2030) .  L’expérimentation se mène avec du temps de formation en CFA réduit, une journée de formation à distance par semaine, en collectif et en tiers lieux, pour éviter la solitude digitale et conforter la dynamique de groupe ; chaque apprenant ayant bien sûr par ailleurs un tuteur en clinique vétérinaire.

« C’est une approche centrée sur la montée en compétences », selon Hubert GRANDJEAN qui en conçu l’ingénierie et  précise que « « l’expérimentation fait le pari du distanciel en communauté de travail » et souligne l’utilisation d’outils innovants, tel qu’un  « carnet de liaison moderne », alimenté de toute forme de preuve : texte, photo, film, autoévaluation …

Pour en savoir plus : https://www.afdecparis.com/

BIENVENUE A « COMPETENCES ++ »

Nous sommes heureux de saluer la naissance d’un nouvel acteur de qualité dans l’éco -système de la formation et du développement des compétences, COMPETENCES ++ qualifié par Centre INFFO de  « cercle de réflexion dédié à la formation professionnelle », qui s’affirme comme un «  espace de réflexion pluraliste qui a pour parti pris de défendre le bien-fondé de la formation professionnelle et l’utilité de son développement, de manière pragmatique et durable ». Parmi les fondateurs, on a plaisir à retrouver des experts amis tels que René BAGORSKI (ancien Pdt de l’AFREF, ex-Directeur de la Certification professionnelle de France Compétences), Fouzi FETHI (responsable du Pôle Droit et Politique de la formation de Centre INFFO), Pascal PICAULT (ancien Pdt de la FNADIR) ou Franck MOREL (ancien conseiller social d’Edouard PHILIPPE, désormais avocat  associé du Cabinet Flichy-Grangé) et sa collègue Amandine VETU … Leur première contribution, dédié à QUALIOPI, vient de paraître ; d’autres travaux sont d’ores et déjà prévus sur la Certification, la VAE, l’AFEST ou la Formation à distance … Nul doute que nous aurons à rapprocher nos réflexions et initiatives dès cette année !

VERS DE NOUVEAUX PARTENARIATS DE FRANCE TRAVAIL AVEC LES ACTEURS DE L’INSERTION

Nos ami(e)s de l’AFREF ont eu la bonne idée d’organiser une de leurs « Disput’action » sur les coopérations et partenariats avec les acteurs de l’insertion professionnelle que compte mettre en œuvre FRANCE TRAVAIL : mise en réseau, partage de techniques et de savoir-faire, expérimentations … Ces points ont été développés par la Direction du développement des compétences dans les territoires , tout en rappelant les quatre objectifs de France Travail fixés dans sa nouveau convention tripartite signée avec l’État et l’UNEDIC d’avril 2024, à savoir  : « repérer les demandeurs d’emploi non-inscrits et leur offrir un parcours adapté », « dynamiser l’insertion des demandeurs d’emploi déjà inscrits », « mieux accompagner les entreprises dans leurs recherches de compétences », et « développer des outils communs à France Travail et aux acteurs de l’emploi pour faciliter le pilotage des politiques et des actions ».

D’autres intervenants de FRANCE TRAVAIL (notamment de la Direction du partenariat et de la territorialisation ) ont pu souligner la nécessité de construire les relations et le partenariat au plus près des besoins depuis les territoires et ouvrir des perspectives, en termes d’outils partageables (nouvelle Plateforme DORA, Académie France Travail qui participera à former les professionnels de l’insertion y compris aux formations hybrides ou aux AFEST, …).

Bravo d’avoir ainsi rendu plus concrète l’affirmation de nouvelles relations entre acteurs de l’emploi et de l’insertion !

DES INQUIETUDES SUR LES BUDGETS TRAVAIL-EMPLOI-FORMATION

Même si énormément d’incertitudes pèsent encore en ce moment sur ce que pourront être les politiques Travail, Emploi et Formation en fin d’année 2024 et en 2025, on ne peut pas s’empêcher de s’inquiéter déjà de deux nouvelles : un ensemble de Décrets du 5 juillet 2024 décidant d’une baisse de plusieurs lignes de crédit et les premières information sur les « Lettres de cadrage 2025 » (certes encore susceptibles de rectification) qui limitent un peu plus l’horizon des crédits notamment de l’Apprentissage.

Ce qui est déjà acté :

  • un transfert de crédits de 5 200 000 euros en autorisations d’engagement et 4 600 000 euros en crédits de paiement du programme « Conception, gestion et évaluation des politiques de l’emploi et du travail » ;
  • une annulation de crédits de 250 000 000 euros en autorisations d’engagement et crédits de paiement du programme « Accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi » destiné au remboursement à France compétences d’un reliquat du fonds de concours relatif à la formation des demandeurs d’emploi ;
  • deux virements de crédits, un de 4 000 000 euros en autorisations d’engagement en provenance du programme « Accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi », un  autre de 3 400 000 euros en crédits de paiement en provenance du programme « Accès et retour à l’emploi ».

Cet ensemble de mesures, qui peuvent s’expliquer en termes de gestion, n’en sont pas moins déstabilisantes  pour des politiques d’accompagnement ô combien nécessaires du retour à l’emploi. A SUIVRE !

D’UN REBOND DU DIALOGUE SOCIAL A UNE COMPLETE RELANCE ?

Comme une de nos « Brèves d’actualité » l’a décrit et regretté, les négociations en vue d’un Accord National Interprofessionnel (ANI) de fin d’année 2023, « pour un nouveau Pacte de la vie au travail », avaient échoué face à des blocages notamment du MEDEF et de la CPME. La troisième organisation patronale, l’Union des Entreprises de Proximité (U2P), a voulu dépasser la situation en ouvrant seule des négociations, auxquelles la quasi-unanimité des organisations salarié(e)s ont accepté de répondre.

Ce rebond du dialogue social a débouché, au printemps 2024 sur 2 accords importants : l’un  sur le Compte épargne temps universel (CETU) signé par la CFDT et la CFTC), l’autre sur la Reconversion professionnelle, signé par toutes les organisations sauf la CGT. De la sorte, les organisations syndicales ont posé  « un acte politique fort » et prouvé que « les partenaires sociaux arrivent à se mettre autour de la table et à s’entendre », selon des négociateurs et négociatrices.

Quel est le contenu du principal Accord ?

Il prévoit la fusion à terme des dispositifs de la Pro-A et des Transitions collectives (TRANSCO) au sein d’une nouvelle « période de reconversion » en entreprise. Celle-ci  pourrait servir à  évoluer vers un autre métier au sein de la même entreprise ou dans une autre entreprise. La période de reconversion peut se faire en alternance avec un niveau d’indemnité pédagogique « callé » sur celui de l’apprentissage. La garantie de conserver le contrat de travail est actée ; le négociateur pour FO se félicitant que l’accord  « n’entraine pas de modification à la baisse des droits des salariés » . Au contraire, en cas de succès de la formation l’Accord prévoit que « le nouveau niveau de qualification permette d’obtenir automatiquement le niveau de classification associé dans la branche dont dépend l’entreprise ».  En outre,  le Projet de Transition Professionnelle (PTP) demeure inchangé. De la sorte, «  reconversions à l’initiative du salarié et reconversions à l’initiative de l’employeur se complètent donc désormais de façon claire », note la CFDT.

Enfin, on soulignera que le texte de l’accord demande aux branches professionnelles de réaliser cartographie des métiers et aires de mobilité ; à défaut que cela concerne tous les secteurs cela concernera ceux exposés à des risques d’usure. Une avancée réelle …

Et maintenant ?

L’automne ou l’hiver 2024 (selon ce que sera le contexte politique) devrait voir se tenir une nouvelle « conférence sociale » . On peut espérer raisonnablement que les partenaires sociaux voudront en profiter pour initier de nouvelles thématiques enrichissant le dialogue social !

DIALOGUE SOCIAL EN PANNE ?

La négociation du « Pacte de vie au travail » est actuellement un échec ; rien n’est sorti d’une négociation, qui a duré plus de trois mois, entre partenaires sociaux et il n’y aura pas de nouvel accord national interprofessionnel (ANI).

Pourtant, à quelques jours de la conclusion, la Fédération des CIBC avait réussi, dans son Grand Opéra de VICHY, à tous les réunir pour une table-ronde « courtoise » et « constructive », où des points de convergence semblaient apparaître, à tout le moins sur l’accompagnement des individus et de la sécurisation des parcours, notamment au regard des transitions et reconversions professionnelles.

Les syndicats de salariés avaient tour à tour « zoomé » sur un certain nombre de positions, figurant dans leur Plateforme commune (téléchargeable ici) :

• La création d’un « droit à la reconversion professionnelle » ;
• La qualité dans les entretiens professionnels ;
• L’abondement des moyens financiers affectés aux projets de transition professionnelle (PTP) ;
• Le danger d’un « adéquationnisme » grandissant qui amoindrit la liberté de choix du salarié ;
• Le risque d’un « appauvrissement de l’investissement dans la formation professionnelle »

Et il semblait se dégager un consensus sur l’accompagnement des chefs d’entreprise des PME et TPE et la création d’une « instance stratégique nationale multipartite », qui s’appuierait sur les travaux des observatoires de branches.

Difficile dans ces conditions de prévoir l’ampleur des désaccords au sortir de la séance du 8 avril !

Pourtant, face au texte patronal proposé (téléchargeable ici), on retiendra, au-delà des divergences, les mots forts des négociateurs syndicaux : constat d’un « gâchis » et d’un échec « grave pour le paritarisme », pour les uns, à minima « déception » pour les autres, conviction d’un « rendez-vous manqué » pour tous. « Le patronat avait proposé un accord moins-disant partout » proteste, dans Le Quotidien de la Formation, une des négociatrices. Les propositions patronales de créer un « CDI seniors expérimental », d’ouvrir la possibilité de rompre le contrat du salarié en parcours de reconversion, de passer l’entretien professionnel de 2 à 5 ans et le refus de traiter les transitions professionnelles sur les fins de carrières et ont été particulièrement mal reçues ; sans même parler des blocages sur la création d’un « Compte Epargne Temps Universel (CETU) », auquel seul l’U2P s’est montrée favorable.

Reste à savoir comment rebondir dans ces conditions et qu’est-ce qui pourrait encourager une reprise , pourtant indispensable, du dialogue social dans les mois à venir ? Restons attentifs et ouverts à tout ce qui pourrait le permettre, ne serait-ce que dans les Branches ou au plan d’initiatives territoriales innovantes.