MASTER CLASS DIRIGEANTS – SEANCE DU 16 JUIN 2026

Après avoir exploré  les éléments constitutifs du développement des compétences et de leur reconnaissance, dans une optique d’« entreprise apprenante », il paraissait logique d’en mesurer l’impact sur les organisations du travail et le management.

C’est ce que cette Séance 4 (la cinquième en fait tant la « Séance inaugurale » du 17 février était bel et bien partie prenante du premier Cycle de la Master Class Dirigeants 2026) s’est efforcée de traiter avec l’apport de Sandro DE GASPARO (sociologue & ergonome, intervenant au CNAM et au sein du Cabinet ATEMIS).

Depuis sa fondation en 2019 (et les apports initiaux de Pascal UGHETTO) ADevComp a toujours souhaité partir du travail réel et de ce qui s’y joue, à commencer par la reconnaissance de l’expérience et le développement des compétences, mais également les évolutions des organisations et du management (sur lesquelles l’Association s’est mobilisée à plusieurs reprises).

L’intervenant a d’abord rappelé la distinction fondamentale entre le « travail prescrit » (planifié, avec des protocoles, …) et le « travail réel » (l’activité concrète en situation), soulignant que l’écart entre les deux est inévitable et que celui-ci est bien « le lieu où s’exercent l’ingéniosité, la créativité et le développement des compétences ».

Il a souligné que l’activité réelle est « alimentée par des ressources immatérielles (compétences, confiance, santé, engagement) » qui, contrairement aux ressources matérielles, se développent par l’usage. Ce fut également l’occasion de rappeler – comme cela avait été le cas dans des interventions précédentes sur la FEST ou l’organisation apprenante – l’importance de la « réflexivité » (le retour sur l’expérience) comme dynamique centrale pour développer ces ressources, avec « trois finalités : le soutien psychologique à l’engagement, la professionnalisation par l’apprentissage et l’amélioration des systèmes de production ».

Et les participant(e)s ont pu apprécier les précisions proposées sur le pilotage à mettre en œuvre et les trois étapes clés proposées par l’intervenant, à savoir : créer le potentiel, s’assurer que la ressource est utilisée en situation de travail (ce qui dépend d’un environnement soutenant) et disposer d’espaces nécessaires à la reconnaissance …

La discussion a souligné que cette approche nécessite « un pilotage stratégique et des pratiques managériales concrètes (écoute, droit à l’erreur, soutien à la coopération) », loin des discours abstraits. Elle a permis d’aborder les défis générationnels et le rejet généralisé du modèle d’organisation traditionnel, en insistant sur la nécessité de « donner du sens au travail » et de « valoriser les compétences » (notamment via la VAE).

Sandro De GASPARO a mis en avant une approche moderne voyant le travail comme « un besoin psychologique fondamental » et le désengagement comme un symptôme alarmant. Mais, pour l’intervenant comme pour les participant(e)s, « l’amélioration des conditions de travail n’est pas un « supplément d’âme » mais une nouvelle rationalité économique et un levier de performance ».

Enfin, la discussion s’est poursuivie sur une critique la « financiarisation du pilotage de la productivité », proposant de se recentrer sur la production de valeur ajoutée via la collaboration transverse et la revalorisation des compétences, encouragés par un management participatif.

En soulignant l’évolution majeure que serait un rapprochement entre les sciences économiques et les sciences du travail, Sandro DE GASPARO  s’est dit pleinement intéressé par les travaux à venir de l’Association sur la valorisation des investissements immatériels … qui sont à l’ordre du jour de la Séance clôturant ce Cycle (alias l’Université d’été d’ADevComp du 7 juillet 2026) et le Cycle suivant sur le second semestre.

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