Apprentissage

Un des points clefs de la Loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel »

L’Apprentissage (et plus largement l’Alternance, qui englobe les Contrats de Professionnalisation) constitue un des points clefs de la Réforme du 5 septembre 2018 : en rapprochant Formation Professionnelle et Apprentissage, en posant la question de l’Alternance comme une des priorités des OPCO, en donnant aux Branches le pilotage au lieu et place des Régions et surtout en encourageant les entreprises à créer leur propre CFA (seule pour les grandes, en groupement pour d’autres) …

On verra dans le document joint (avec le regard porté par le CEREQ sur 20 ans d’apprentissage), combien ont pu peser la dispersion des acteurs, le manque d’implication de certaines entreprises et la prégnance des approches académiques de l’Alternance (quand on va « vérifier » en entreprises le bien fondé de telle connaissance au lieu de consolider par des connaissances l’expérience du travail). Au moment où l’on valorise enfin la « Formation En Situation de Travail » en lui faisant place dans les définitions mêmes de l’Action de formation dans le Code du Travail, c’est bien d’un retour aux fondamentaux qu’il s’agit : la compétence, comme expression de l’expérience acquise dans l’activité et le système de travail (cf. notamment Guy Le Boterf et Pascal Ughetto) et la démarche qualité avec comme point de départ le fait d’« aller y voir » (comme on dit à Saint-Etienne), autrement dit le « Gamba walk » (cette marche vers là où la valeur ajoutée se crée, là où apparaissent les problèmes et là où le client obtient satisfaction, c’est-à-dire le terrain) ; tant il vrai qu’il faut comprendre le travail pour prétendre le transformer.

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Interview d’Andrew McAfee

Parue dans LES ECHOS/LE CERCLE, le 28/08/2019

Andrew McAfee

Andrew McAfee

Chercheur au MIT, dont il a fondé le département de recherche sur l’économie numérique avec Erik Brynjolfsson. Ensemble, ils ont publié plusieurs ouvrages sur l’impact des nouvelles technologies, dont « Le Deuxième Age de la machine » (Odile Jacob, 2015).
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/il-faut-arreter-de-former-les-travailleurs-comme-il-y-a-quatre-vingts-ans-1126982

 

Beaucoup d’études ont alerté sur le fait que l’intelligence artificielle (IA) et l’automatisation risquaient de détruire des emplois de façon massive. Mais on constate exactement l’inverse aux Etats-Unis, avec un taux de chômage qui n’a jamais été aussi bas. Comment l’expliquez-vous ?

Le schéma que nous observons est en fait le même que par le passé : des technologies puissantes apparaissent, elles permettent d’automatiser certains emplois, mais elles créent également d’autres emplois. Jusqu’ici, l’IA et les technologies numériques constituent un nouveau chapitre de la même histoire. La croissance de l’emploi a été remarquablement forte ces dernières années aux Etats-Unis, donc il est encore impossible de parler d’une crise de l’emploi. Comme le dit très bien l’économiste Robert J. Gordon, « nous n’avons pas de problème de quantité des emplois, mais nous avons un problème de qualité des emplois ».

Quels sont les emplois les plus menacés ?

La classe moyenne américaine, comme celle de la plupart des pays industrialisés, y compris la France, s’est construite sur du travail répétitif – que ce soit le travail physique d’un ouvrier sur une chaîne de montage ou le travail intellectuel d’un comptable chargé de la paie. Les emplois de ce type ont disparu. Pas complètement, bien sûr, mais ils sont dans le rétroviseur. Et ils ne reviendront pas en masse. C’est inquiétant, car une classe moyenne massive et confiante dans l’avenir est importante pour la stabilité de la démocratie : quand ses membres pensent que le contrat pour lequel ils ont signé n’est plus respecté, alors ils deviennent réceptifs aux discours démagogues, populistes et autoritaires, et toutes sortes de leaders inquiétants peuvent arriver au pouvoir en leur disant : « Si le contrat n’est pas respecté, c’est la faute des Chinois, des Mexicains, des immigrés… »

Dans « Le deuxième âge de la machine », vous et Erik Brynjolfsson expliquez que ces technologies peuvent être synonymes, en même temps, de croissance, voire d’abondance, mais aussi d’inégalités…

La technologie permet de créer plus de richesse, mais il n’y a pas de loi économique qui assure que la richesse sera redistribuée comme elle l’a été au cours des dernières décennies. Donc l’abondance est là, nous voyons beaucoup d’effets incroyablement positifs des technologies, mais rien ne garantit que la croissance sera équitablement partagée.

Une idée de plus en plus répandue est qu’il faudra former les travailleurs, car les compétences des machines vont progresser. Mais sait-on déjà à quoi les former ?

Il faut avant tout arrêter de former les étudiants et les actifs à l’économie telle qu’elle était il y a quatre-vingts ans ! Après la Seconde Guerre mondiale, nous avions besoin de beaucoup de gens formés à des tâches répétitives.
Nous n’en avons plus besoin, parce que ces tâches s’automatisent très bien ! Mais nous savons aussi quelles seront les compétences nécessaires. Il s’agit avant tout des compétences scientifiques – si vous comprenez la science et l’informatique, vous vous en sortirez.
Si vous êtes quelqu’un de créatif, capable de trouver de nouvelles idées qui plaisent aux gens, si vous êtes un entrepreneur par nature, vous vous en sortirez bien aussi. Et si vous avez des compétences sociales avancées – si vous êtes bon pour négocier, motiver, coordonner, persuader les autres -, tout montre que le futur du travail vous conviendra.

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Le numérique : retour sur l’enquête du COE auprès des OPCA

L’impact du numérique sur le travail n’est pas identique, ni de même nature, selon les technologies mobilisées dans les différents secteurs de l’économie.

Afin de mieux saisir comment les entreprises françaises et des institutions compétentes en matière de formation identifient les technologies qui impactent leur secteur d’activité et leurs métiers, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) a réalisé en 2017, en compléments des auditions réalisées de branches professionnelles (métallurgie, banques, plasturgie) ou d’OPCA (Agefos PME,…), une enquête auprès des OPCA pour recueillir leurs analyses des besoins en compétences en lien avec la diffusion des technologies numériques et d’automatisation. Il a leur a donc adressé des questionnaires afin d’appréhender de manière fine les technologies susceptibles d’impacter les métiers et les qualifications dans les branches professionnelles et les évolutions des besoins en compétences identifiées à ce stade.

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